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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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PHOSPHORESCENCE

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§ 2. — Phosphorescence .

L'invention des cadrons lumineux et antres « articles de Paris », quel’on considérait comme une découverte de notre époque, remonte au milieudu siècle dernier. Dans le Journal de Monaco (1) des (i juin et ZA août 1882, ila été publié un article où cette question est traitée d’une façon assez complète :

C’est vers 17(il qu’un nommé Canton a découvert les propriétés lumineuses desécailles d’Iiuitres mélangées au soufre. Depuis lors, MM. becquerel ont constaté lapropriété lumineuse des oxydes et des phosphates de calcium et de strontium combinésavec le soufre, line maison anglaise, liai main, fabrique sur ces données une poudrechimique qui, mélangée à l’eau, donne une peinture lumineuse dans l'obscurité, pen-dant trente heures, pourvu qu’elle ait été préalablement exposée à la lumière solaire.La fameuse usine de Million and ('/expérimente une combinaison de ces matières avecla céramique. Quant à présent, je n’ai pu constater que l'elfel des plaques revêtues dela peinture lialmain.

Mlles brillent dans l’obscurité d’une lueur violette assez faible, mais suffisantepour distinguer l’heure à une montre.

Ces propriétés lumineuses du phosphore étaient suffisamment connues àla lin du xvm" siècle pour qu’on ait songé à l’utiliser pour en faire des espècesde veilleuses. Un journal de cette époque ^2) indique même comment on doitprocéder pour fabriquer ces bouteilles lumineuses:

Après s’être pourvu d’un llacon, dit-il, ou coupe une certaine quantité de phos-phore en petits morceaux de la grosseur d'un pois, sur une assiette de faïence remplied'eau, précaution sans laquelle on risquerait do se brûler les doigts. Du met dans lellacon un morceau de phosphore, après l’avoir essuyé; on y introduit ensuite un lilde fer rougi au feu. Aussitôt après le phosphore bouillonne et se divise en partiesextrêmement ténues, qui tapissent l’intérieur du cristal. On retire alors le lil de fer,qui entraîne en sortant un long jet de il anime ; puis on laisse le llacon ouvert pendantune heure ou deux, alin que ce contact de l’air atmosphérique pénètre et calcine lephosphore qui prend une couleur rouge. On introduit île nouveau un petit morceau dephosphore bien sec qui brûle de la même manière que le précédent ; mais pour cellefois le lil de fer n’a plus besoin que d’une chaleur de soixante degrés; et l’on répèleles mêmes procédés jusqu’à ce que le llacon soit plein de phosphore.

Il esl essentiel d’observer : 1° que le cristal ne soit pas trop froid lorsqu’on com-mence à y fondre le phosphore ; 2° de ne point trop incliner le llacon pendant celle

Q) Intermédiaire, 1883, p. .i!)2.

(2) Journal tjénéral de France, 1787, p. 103.