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CHAPITRE XV
M A J' IÈ R E S É C L A IRAN T ES
sujet dos explications curieuses : les Romains se seraient, crus autorisés parun jeu de mots à renoncer aux sacrifices humains qui, chez eux comme chezles Phéniciens, ensanglantèrent d’abord les autels deSaturne .
Comme le même mot grec signilie à la fois hommeet lumière, les anciens avaient jugé que ces deux termesétaient équivalents et «[lie les dieux seraient bien exigeantss’ils ne se contentaient du synonyme. C’est probablementcette coutume qui a été l’origine des étrennes. Primitive-ment on avait envoyé des bougies auxquelles peu à peufurent substitués des objets d’une valeur plus considéra-ble. Cet usage était devenu un abus, et c’est ce qui dé-cida le tribun Publicius à décréter que l’on n’enverrait, àplus riche que soi, que des flambeaux de cire, des ciergesou des bougies ( I): (iereos satuntalibus tuuneri dubantbumiliores potentioribus , quia candelis pauperes, locuple-tes ce rais utebantur. De là, sans doute, le dédain de cecri de mécontentement que signale Martial : Absit cereusaridi clienfis (X, 87), équivalent à : Au diable la bougied’un client malaisé !
Mais il y avait cierges et cierges,bougies et bougies : il y en avait desales et. puants, il y en avait par contrede riches et odoriférants, desquels Stace disait :
A
CHANDELIER SERVANT
A URULER DES IIOU-gies de cire, trou-vé à Ilerculanum.
Bougies de cire offer-tes COMME ÉTRENNES.
Quantum vel tiare cereus oleu/es !
et comme celui qui, au dire d’Ausone, brûlait en parlu-mant Pair devant la statue de Vénus.
Ce cierge parfumé est un sacrilice offert à VénusAphrodite pour le mois d’avril, représenté sous les traitsd’un faune sautant, dansant pour honorer la déesse, sapatronne.
(1) Antiquaires de Normandie, t. XXIV, p. 4611.