Buch 
Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
Entstehung
Seite
650
JPEG-Download
 

GoO

CHAPITRE XV

MATIÈRES ÉCLAIRANTES

était cependant inférieur à celui de la, véritable bougie ; nous voyons qu’en1759, M. Hubert Descours à Bernay, en Normandie , fabriquait une, espèce dechandelle qui ne se distinguait de la cire qu’au toucher. Un peu plus tard, unautre industriel annonce qu’il vient de faire une espèce de bougie tenant lemilieu pour le prix et pour la qualité entre la belle chandelle et la bougie pure.

Celte nouvelle bougie, qui est un peu plus grasse que l’ordinaire, nous a paru bienéclairer et avoir quelque chose de commun avec les bâtons de pommade de toilette.

Elle coûte trente sols la livre et on la trouve à Sceaux , où elle se fabrique.

En 1785, on annonce la bougie économique du sieur de Malizard, chezM me Aull'roy, rue Uensier, faubourg Saint-Marcel.

Ue devait être une bougie composée de cire, mêlée de fécule de pommesde terre, comme celle que le Journal de Paris annonçait en 1787 :

On a fait en Hollande, dit ce journal, la découverte d une nouvelle espèce debougies économiques, dans la composition de laquelle il entrait principalement de lacire et de la fécule de pommes de terre. Nouvellement faites, ces bougies durent15 heures, et 16 à 17 quand elles sonL sèches; elles donnent si peu de fumée qu’unecarte exposée à sa vapeur ne perd pas sa blancheur. Elles ne Lâchent point, et lesgouttes tombées sur une étoile quelconque s’enlèvent aisément, sans laisser de trace.

Dans le beau langage, on s’elforçait alors de substituer le mot bougie àla désignation de chandelle trouvée par trop vulgaire. Il y a à ce sujet, dans leJournal de /lauqeau, un passage tout à fait caractéristique. Cet. écrivain, dansla première édition de son ouvrage, décrit ainsi les derniers moments deLouis XIV : Le roi est mort ce matin à huit heures un quart et demi, et il arendu Vâme sans aucun effort, comme une chandelle qui s'éteint. Un peu plustard on trouva cette comparaison peu noble, et dans l’édition suivante laphrase a été ainsi modifiée : comme une bouqie qui s'éteint. On employaitencore le mot flambeau pour désigner les grosses bougies; c’est du moins ceque nous lisons dans le Dictionnaire de Savary, édition de 1723 :

Flambeaux, que quelques-uns nomment aussi flambeaux do chambre : espèce debougie quarrée d’environ un pied do long, de forme pyramidale, dont les angles sontarrondis. Celte sorte de Jlambcau n’a guère qu’une seule mèche. Les flambeaux detable ne sont guère on usage que chez le roy et chez les princes du sang.

Au xviii 0 siècle, l'éclairage des appartements si 1 faisait uniquement, aumoyen de bougies qui étaient eu si grand nombre qu'elles risquaient devicitu* l’air des chambres où elles étaient allumées.

Citons à ce sujet la curieuse réclame d’un fabricant de ventilateurs qui