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Histoire du luminaire depuis l'époque romaine jusqu'au XIXe siècle / par Henry-René d'Allemagne, archiviste-paléographe; illustrations de Emile Solvet ...
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CHAPITRE XV — MATIÈRES ÉCLAIRANTES

OS 4

$ 2 .

Huiles.

L’huile est un fluide d’une utilité et d’un usage extrêmement, étendus.Les Grecs, qui attribuaient, à Minerve la découverte de l’olivier, ont fait pré-sider cette déesse à tous les arts, puisqu’on effet il en est peu qui puissent sepasser du secours de l’huile : aussi voyons-nous que tous les peuples ont cher-ché à s’en procurer et à en tirer des différentes matières qu’ils y ont crues) *ro] mes.

L’invention et l’usage de cette liqueur remontent à la plus liante anti-quité : il est dit que .lacoh versa de l’huile sur la pierre qu’il avait érigée àlîéthcl, en mémoire du songe qu’il y avait eu. L’huile a été connue de trèsbonne heure dans tous les pays où était cultivé l'olivier. Pour extraire l’huiledes fruits de cet arbre, on pilait les olives dans un mortier, l’usage du pressoirétant encore inconnu.

La tradition rapporte que ce sont les Phocéens qui introduisirent l’oli-vier en Gaule . Il est du reste à remarquer (pu* l’huile de la Provmcia Honianaa toujours été une des grandes productions de ce pays. Les textes attestentavec quel soin on conservait les oliviers : la loi des Visigoths prononçait, uneamende de quin que soldi (somme considérable à cette époque) contre celuiqui couperait un olivier dans le champ d’autrui.

Toutefois l’huile d’olive n’était pas commune en France sous la premièrerace ni sous la deuxième : sous le règne de Charlemagne , sa rareté était, tellequ’un concile tenu à Aix-la-Chapelle permit aux moines de se servir de l’huilede lard. La production de l’huile était considérée comme une si grande richessepour la vallée du llhone qu’un concile tenu à Narbonne en 1054 défenditd’abattre aucun olivier.

De tout temps, l’huile a été employée pour les cérémonies du culte; leschrétiens y attachaient une idée de symbolisme qui ne manquait, pas de gran-deur, car ils considéraient ce liquide comme* « une substance très pure ettrès simple (1), servant à la fois à éclairer, à nourrir et à oindre; ils yvoyaient un symbole du Christ, qu’ils considéraient, tout à la fois comme lalumière resplendissante, la nourriture vivifiante et la, médecine salutaire... »

(I) Annales des sciences religieuses de Rome , numéro de janvier 1843.