146 II .Entretien furies Fies
être le plus parfait original des belles cho-ses.
L'on allure pourtant, interrompit Py-mandre,qu’il n’a pas méprise les ouvragesdes anciens Sculpteurs ; qu’il a imité fansscrupule cette grandeur Sc cette majestédes Antiques , & même qu’il s’est lèrvihardiment de tout ce qu’il a trouvé de beaudans les bas-reliefs.
Il est vrai, repartis-je , qu’il a fait uneétftde toute particulière de ce que les An-ciens nous ont laiílè de plus excellent > Scil a tellement compris leurs penlées > & estentré si avant dans leur eíprit, qu’on peutdire , en comparant fes peintures à leursStatues, qu’il a formé des images vivantesfur le modèle des choses mortes.
Léonard de Vinci qui vint un peudevantlui, est un de ceux de qui les belles incli-nations & le foin qu’il prit à les cultiver,.ont montré par les divers ouvrages qu’il ataisiez, combien l’Art de la Peinture estexcellent, maisauífi combien cette excel-lence est difficile à acquérir ; quel travailon doit y employer ; & même comme quoicet Art en embrasiè plusieurs autres quifont nécessaires à fa perfection. C’est uneperte pour le public d’être privé des re-marques qu’il en avoir faites, puiíque parles fragmens qui nous restent, on voitbienque s’U eût mis lui-même au jour ce qu’il
avoir