19 i II. Entretien fur'Jcs Via
me une victime qu’on leur mectoit entreles.mains pour être offerte aux manès desdéfunts ; Sc après lui avoir donné millecoups d’épée & de pique au travers d ucorps, il ne crurent pas avoir assez fi tissaità leur vengeance > qu’en prefence de Ionmisérable pere , ils ne l’eullènt mis en pie-ces, & déchiré avec leurs mains & avecleurs dents.
Ils n’eurenc pas si tôt achevé ce cruelcarnage,qu’ils íe préparèrent pour un au-tre; & comme si le lang qu’ils venoient desuccer, Sc dont ils avoient les mains Sc labouche routes teintes, les eut davantagealtérez , ils íè mirent à crier avec plus deforce, Sc à demander le pere,qu’on leur li-vra áuffi-tôt , Sc qu’ils traitèrent encoreplus cruellement quele fils.il y en eût quela haine & la fureur rendirent siinhumainsSc si barbares , que non contens de s’êtreainsi fouillez la bouche Sc les mains , ilsvoulurent que leurs entrailles eulTenc partau carnage , Sc qui pour rasiasier la faimdont leurs cœurs étoient tourmentez,man-gèrent de la chair de leurs ennemis. Maisce qui estde plus difficile à croire, c’est quenon feulement dans la chaleur de cettevengeance,ils devoroient cette chair à de-mi vivante; mais il y eût même des hom-mes, si on les peut nommer teis, qui enemportèrent des morceaux dans leurs mai-sons,