i«40 VIII. Entretien sur les Vies •fuccesfivement telle action qu’il lui plaît^Mais le Peintre n’ayant qu’un instant dans,lequel il doit prendre la choie qu’il veutfigurer fur une toile , il est quelquefois ne-,celïaire qu’il joigne ensemble beaucoupd’incidensquiayent précédé, afin de fairecomprendre le sujet qu’il expose , sans
Í |uoi ceux qui verroient son ouvrage , neeroient pas mieux instruits de factionqu’il represente que si un Historien, aulieu de rapporter toute le sujet de son his-toire , se contentoit d’en dire leulementlafin.
Que c’est par cette raison que le Poulîìnvoulant montrer comment la Manne sucenvoyée aux Israélites, a cru qu’il ne suf-fisoit pas d’en répandre par terre , & derepresenter deshommes& des femmes quila recueillent ; mais qu’ii falioit, pourmarquer la grandeur de ce miracle , fairevoir en même rems l’état où ils étoientalors. Que pour cela il les a repreíentezdans un lieu desert; les uns dans une lan-gueur j les autresemprelìez à amasser cettenourriture, & d’autres encore à remercierDieu de ses bienfaits : ces difterens états &cces diverses actions lui tenant lieu de disicours & de paroles pour faire entendre lapeníee. Et puiique le Peintre n’a pointd’aurre langage ni d’autres caractères qugces fortes d’impresiîons, c’est ce qui l’a