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Tome quatriéme.
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DE PHILOMATHE.

4Î*

LA PEINTURE.

J ’avouë, ma sœur, qu’Apollon est votrepère; que c’est par votre bouche qu’ilparle aux hommes un langage touc divin»que pour moi je ne leur parle que par deslignes ; & que ma naistance ne vous estpoint connue. Comme je fuis fille qui netient pas de grands discours, je vous ap-prendrai en peu de mots mon origine, &vous ferai voir combien elle est plus an-cienne & plus illustre que la vôtre. C’estun secret que je vous avois toujours caché,pour ne vous donner point de jalouse.Sçachez donc, ma sœur, que je suis fillede Jupicer ; que ce Dieu m’engendra lors-qu’il voulut créer PUnivers, & me fit sor-tir de íâ tête, non pas de la même fortequ’il fit naître Minerve avec l’aílìstancede Vulcain ; mais qu’il m’en tira lui-mê-me par fa propre vertu, & par un effort deson pur esprit, afin de le servir de moipour peindre le Ciel & la Terre, dont lescouleurs charment les yeux de tout lemonde.

Après que j’eûs couvert les cieux de eebel azur que vous voyez > j’y figurai cesSignes admirables qui en font l’ornemenr.Ne vous étonnez plus, ma sœur, fi je me-sers des lignes pour me faire entendre,