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Tome quatriéme.
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45& Le Songetous les lieux où il fe trouvoit, & me fat-í'oit rechercher de tour le monde. Rap-prenois aux Amans à déclarer leurs pas-sions par des caractères tout mystérieux.Je leur faisois voir la personne même qu ilsaimoient, quoiqu absente; & j’en siguroisdes images non pas semblables à celles quevous faites, ma sœur, que chacun peutconsidérer à sa fantaisie, Sc se representercommeil lui plaît, mais des images vérita-bles , & où la nature sembloit avoir forméune seconde personne.

Ce fut donc par moi, ma sirur , quoi-que vous puissiez dire, que les hommescomprirent la nature & l’excellence desDieux. Je leur en figurai, d’une maniéréproportionnée à leur intelligence, la gran-deur & les hautes qualitez. 11s apprirentaussi de moi à découvrir aux Dieux mêmesles sentimens de leur cœur , par des figu-res qu ils gravoient de toutes parts pourmarque de leur vénération. L’on ne par-loit point de vous alors , ma chere sœur,& ce ne fut qu’en considérant la beauté demes travaux , que l’imagination votremere devint amoureuse d’Apollon. Elleétoit ma confidente ,& les Dieux l’avoientdonnée aux hommes pour leur aider àmieux entendre ce que je leurenseignois,& rendre leur esprit capable de compren-dre la sublimité de mes mystères. J’avois

si fou-