DE GASTRONOMIE MODERNE. 8 tproduites dans des rems, où les moyens étoient infuffisansLe les esprits peu éclairés. Lorsque les connoissancw font unamas d’erreurs & de vérités , indistinctement melées, lors-qu’une longue ignorance & beaucoup de siécles leur ont laisséjeter des racines profondes , la séparation en est difficile : 1 an-cienneté ne prouve rien ; le respect, la croyance de plusieurs%es ne font que des préjugés ; le doute est d un sage , & fi lôsage veut avoir une opinion , le doute le conduit a 1 examen.Descartes Lc Hypparque parurent dans des circonstances sem-blables. Aristote avoit un trône dans les écoles ; l’Europe admet-toit fa philosophie sans pouvoir ni la juger , ni même i’enten-dre ; Descartes réécouta point les scstolastiques qui n’avoientque la raison d’Aristote, 6c il pesa les opinions de leur maittedans la balance de la raison universelle. Hypparque rencontradans Alexandrie les opinions & les déterminations chaldéennes;fa sagacité ne leur trouva point de titres suffisans. Si la fameusepériode de six cens ans , st les opinions du retour des comètes,du mouvement de la terre , de la distance infinie des étoiles,la mesure de la circonférence du globe avoient été appuyéescomme elles ie font aujourd’hui fur des observations, il auroitjugé les résultats par les preuves; il les auroit appréciés cequ’ils valoient, il n’eût point douté , il n’eût point entreprisde tout fonder 6c de tout recommencer. Ces grands résultats nelui surent présentés que comme des opinions très-anciennes,mais vagues , incertaines & dépouillées de preuves. II vit queles Chaldéens célébrés n’avoient fait que des observations gros-sières , bien inférieures à celles qu’Aristille , Timocharis ,Aristarque, Eratosthenes avoient faites , §C fur - tout à cellesqu’il se proposoit de faire dans l’observatoire dont il étoit pos-sesseur. La défiance de ce grand astronome prouve qu'il avoitdes peuples de Babylone la même opinion que nous avonsTome T L
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