;zr HISTOIRE
opinion : elle étoit dénuée d’observations ; Hypparqne & Pro-sternée l’ont jugée en astronomes, ils l’ont regardée comme urreerreur populaire , ils ne lui ont pas fait î’honneur , ni de laciter, ni de la combattre. Séneque l’a jugée en philosophe , ill'a saisie parce qu’il l'a trouvée grande, digne d’un mondeimmense 8e d’une nature infiniment variée. II ne s’cst pointembarrassé si cette opinion étoit fondée fur des autorités8e c’est précisément parce qu’il étoit peu instruit dans cegenre, qu’il n’a pas hésité de l’adopter. Séneque mérite fansdoute les mêmes éloges que tant d’autres philosophes Grecs,qui avoient eu le bon esprit de s’approprier les opinions an-ciennes ; mais il n’a annoncé à l’avenir, il n’a prédit qu’unedécouverte déjà faite. Les mêmes vérités se remontrent à laterre , comme les còmetes, après de longs intervalles. Si notresiécle s’applaudit avec raison, d’avoir placé irrévocablement leScomètes au rang des astres durables , d’avoir démontré leursretours périodiques, un autre siecle a eu la même gloire , tece siecle n’est point compris dans les vingt-cinq siécles d’obser-vations des Chaldéens. Le silence d’Hypparque fur ces astressinguliers , prouve invinciblement que les Chaldéens ne lesavoient point observés. Hypparqne ne vit cette vérité,que fousle masque du préjugé : elle s’étoit conservée chez les Chaldéens,comme s’est conservée chez nous l’idée de l’infiuenee de lalune fur les intempéries des saisons, fur les productions de laterre, 8c fur l’économie animale ; idée long-tems abandonnéeau peuple , 8c que les philospphes examineront un jour. Croie-on que cette idée soit le fruit des remarques de nos ancêtresignorans ? Non, nous l’avons dit, le peuple, vain dans fosimbécillité, ne se soumet point aux astres ; il croit qu’ils on£été créés seulement pour l’éclairer. Ces vieilles croyances foutparmi nous - mêmes les débris des connoissances anciennes -