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Tome premier.
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DISCOURS

comment, suivant ces hypothèses, les astres, en s’approchant,en mêlant, en tempérant leurs influences, produisent la diver-stté des caractères & des fortunes. Mais on demande à l’apo-logiste de l’astroíogie comment les jumeaux , nés presqu’ailmême tems, Sc ce qui est plus p restant, comment deux enfans,qui voyent le jour au même instant, ont des pallions diverses&C des fortunes si peu semblables ? Comment une multituded’hommes, qui périssent ensemble par la peste, par la guerre,ou par quelque calamité, peuvent avoir ainsi le même sort ,quoique nés en différons tems Sc fous des astres divers ? Lesphilosophes objectent que cet art ne peut avoir des principescertains. II est impossible de connoître le vrai moment de lanaissance, encore moins celui de la conception. On ajoute queles oracles de cet art, fussent-ils vrais, font inutiles & toujoursfâcheux , en affligeant le présent des maux de l’avenir, ou estbtant aux biens futurs cette arrivée imprévue, qui les rend plustouchans. On dénonce la science même ; elle est impie, elleest condamnée par récriture , elle détourne les hommes dela connoissance de Dieu (a). Tycho, hardi & fort, comme s’ileut eu raison , au milieu de cette foule de difficultés , n’estpas embarrassé de les résoudre. II ne faut point juger, dit-il,de ce qu’on ne connoît pas; récriture n’a pas interdit la sciencede l’astrologie ; elle en a condamné l’abus. On cherche à con-noître l’avenir pour s’y préparer, ou pour le changer, commeon use des remedes de la médecine pour se guérir. Ce n’estpoint aller contre la providence, ce n’est point manquer deconfiance en Dieu ; il veut lui-même que l’on use des ressourcesqu’il a données. La morale demande que l’avenir ne soit p aSimprévu ; cette connoissance modéré les passions, elle partage

{a) Tycho , Oratio , p. z8.