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avoir été reconnues : le dépôt qui s’y forme croît avec lesannées , 8c s’épure à tous les momens. Un avantage non moinsgrand de ces corps est celui de leur unité Sc de leur durée ; ilsfont toujours vivans , les hommes fe succèdent, le même espritdemeure. Le feu sacré n’est plus confié aux foins des particu-liers , il est: conservé dans le temple de Vesta: tant que cestemples subsisteront, l’ignorance ne fe montrera pas ; Pinstruc-tion durera autant que ces dépôts de lumière. Si l’efprit humainest le résultat des travaux de nos ancêtres, Sc des efforts de lagénération subsistante, c’est fur-tout dans les académies queles vérités nouvelles s’ajoutent aux vérités connues ; c’est làque l’efprit humain réside : il y est vivant dans un nombred’hommes réunis ; il y parle , il y rend ses oracles par leurorgane; Sc fous cette forme humaine, animé des pallions defutilité Sc de la gloire, il est unique comme Pindividu , Scdurable comme Pefpece.
§. I I.
L’AcadÉmie étoit jadis le lieu où Platon instruifoit sesdisciples : nous nous assemblons encore fous les auspices de cephilosophe ; Sc ce nom , transmis à nos sociétés modernes ,annonce que la philosophie doit êrre Pefprit de ces assemblées.La premiere, la plus ancienne académie fut établie par Charlcs-Magnc Sc par le conseil d’Alcuin, Ce n’étoit qu’une sociétéd’érudition , la philosophie ne s’y montroit pas. La philosophieparut d’abord à Paris dans des sociétés particulières; Gassendi,Defcartes , Hobbe, Roberval, les Pascal pere Sc fils fe réu-nissoient chez le P. Ale r senne ; on y traitoit des sciences, on ypropofoit des questions pour hâter leurs progrès. Ces assembléesse tinrent ensuite chez M. de Montmort Sc chez AI. Thevenot.M. de Fontenclle raconte que des gentilshommes Anglois