DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 157
objectifs de cent 6c de cent trente-six pieds que Louis XIVavoit fait faire à Campani, ôc celui de cent vingt-deux piedsdont M. Huygens avoir fait présent à la Société royale. Eneffet un rayon de cette longueur est difficile à diriger, quandil s’agit d’élever une de fes extrémités , tandis que l’œil estplacé à l’autre ; le poids est un embarras, l’agitation du ventest un obstacle , le moindre déplacement est sensible au boutde ce rayon : on devoir à chaque instant perdre l’astrc de vue.Les succès étoient achetés par la constance 6c par la fatigue ;mais la curiosité humaine est industrieuse , elle effaya de ferendre maîtreffe de cet instrument par le moyen des machines.Perrault , Lahirc , Dominique Caffini proposèrent differensmoyens. Le P. Sébastien fe fervoit d’une vergue égale à la lon-gueur de l’objectif, 6c soutenue par des cordes. DominiqueCaffini employeur un mât surmonté d’une poulie , avec unecorde dont les deux bouts étoient attachés au tuyau de lalunette , 6c qui fervoit à lui donner toutes les inclinaisons.Boffat eut une idée asiez ingénieuse, c’étoit de dreffer perpen-diculairement le tuyau de la lunette , 6c de renvoyer fur l’ob-jectif l’image de l’objet , au moyen d’un miroir incliné 6cmobile (a). Mais , outre plusieurs inconvéniens , cette disposi-tion en a un considérable, qui est l’affbibliffementde la lumière;il s’cn perd environ la moitié dans la réflexion des miroirs.Huygens employa un moyen encore plus simple ; c’étoit de sup-primer le tuyau de la lunette, d’élever l’objectif à une certainehauteur, 6c de fe placer foi-même au foyer, avec un oculaireà la main. On fuivoit, en changeant de place, le mouvementde l’astre , 6C le changement du foyer ; mais il est aisé de sentircombien les objets environnans dévoient distraire l’attention.
(«) Journal des Savans , 1681 , pag. 41 r.
Tome II.
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