DE GASTRONOMIE MODERNï. 265
§. X I.
On fut donc en possession d’une horloge susceptible de la.plus grande exactitude; l’homme la fait mouvoir d’un mouve-ment plus égal que celui des astres. On reconnut la nécessitéd’employcr chaque jour l’équation du tems inégal du mouve-ment du soleil, découverte par Hypparque. Si cette équationn’avoit par été connue , les pendules l’auroient manifestée ;mais avec cette correction , nous jouissons de la certitude d utems qui s’écoule. Dans l'usage de la vie , avec peu de foin ,on doute à peine des minutes, lorsque les anciens , avec leursoie pli d r es , doutoient peut-être des heures. Mais dans l’ufageastronomique, en employant les corrections Sc les attentionsnécessaires , on voit des pendules ne pas varier d’une secondeen deux mois , Sc de cinq secondes en une année (j).
Cependant fort peu de tems après Pinvention de Huygens,on s’apperçut d’une source d’inégâlité. Picard en 1 66 y remar-qua que les horloges à pendule retardoient en été, Sc avançoiencen hiver (b). On en donna alors une mauvaise raison ; voici lavraie : la chaleur dilate tous les corps , elle les étend , elle lesalonge ; le pendule devient donc plus long en été , Sc il nepeut passer ainsi la longueur qui lui a été assignée pour battreles secondes, fans employer plus de tems à ses vibrations ; sice tems est augmenté d’une soixantième , il ne fera plus que5 9 vibrations en une minute , Sc à chaque minute l’horlogeretardera d’une seconde. Le froid qui resserre les corps , quidiminue leur volume , Sc accourcit leur longueur, produit deseffets contraires, Sc les horloges avancent en hiver. Pour nepas revenir fur cette matière , nous dirons qu’on a imaginé
(<?) M. de la Lande, Astron. art. 1465.
( 3 ) Hist. de l’Aead. des Sc. T. I, p. 73.