£>E L’ASTRONOMIE MÓDERNE. ^5
grand moyen de précision , la même époque en vit naîtreun autre , qui fut le micromètre. Le micromètre, le nom ledit, est un instrument propre à mesurer de petits objets,de petits espaces. Dans l'invention des instrumens circulaires,comme les armilles, les sextans, les quarts de cercle, l’hommeva toucher les deux extrémités d’une distance sensible dans leciel, & la mesurer par l’écartement des rayons visuels, rayonsreprésentés fur l’instrument par les deux alidades. Mais lorsquela distance , ou l’objct sont trop peu sensibles , lorsqu’ils sedérobent à la pince qui veut les saisir , l’homme croit avoiratteint le terme de sa puissance; ses organes, ses mouvemens,ses moyens font finis, il ne peut se mesurer avec les chosesou infiniment grandes , ou infiniment petites , la nature luiéchappe ou par son étendue , ou par sa ténuité ; placé commedans un milieu , son génie a rapproché de lui les deux extré-mités de la dimension. Un seul instrument, le microscope ,puisque les lunettes ne font que des microscopes (a ), lui avoicrendu ce service. D’un côté les détails insensibles des choses, lesêtres invisibles par leur petitesse, vivans pour l'univers , fansexistence pour l’hommc , font créés de nouveau par la puissancede rinstrument, Sc forcés de s’aggrandir pour se montrer à savue : de l’autre, tous les objets perdus dans le lointain de l'espace,les distances serrées, anéanties par l’éloignement, s’aggrandissentpar la même puissance, Sc fa vue peut les parcourir. Si l’hommcles voir, il peut les mesurer; si leur étendue est devenue sensible,elle est appréciable. Nous n’avons eu pendant long-tems quela voie de l’estimation ; ces essais, en cherchant l’exacfitude ,annonçoient le besoin d’un instrument qui peut seul la donner.Nous avons vu qu’Hortensius avoic cherché deux étoiles, dont
(a) Supra, p. 10r.
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