DE GASTRONOMIE MODERNE. 473
voir d’une maniéré plus intime & plus sûre les rapports deschoses ; comme au moyen de l’instrument mécanique tournévers le ciel, l’œil fuit l’étendue dans ses détails , pour acquériravec exactitude la mesure des grands espaces & la durée desrévolutions.
§. III.
Cette découverte, qui fera utile à toutes les générationspar les découvertes dont elle fera le moyen , a été infinimentutile à Newton lui-même ; c’est par elle qu’il s'est élevé , &qu’il a marché dans la carrière qu’il a parcourue. Nous suivronsses méditations, qui fondent également fa gloire 8c celle del’cfprit humain ; nous allons présenter ses idées enchaînées.Mais nous n’avons pas la présomption de croire avoir saisi lachaîne que Newton a suivie ; cette chaîne tient à la nature deson génie, il faudroit être lui-même pour la dévoiler: celleque nous proposons n’est que pour unir les vérités, 8c pour enfaciliter Inintelligence à nos lecteurs.
Ce fut, dit-on , en 1 6 66 , c’est-à-dire , à l’âge de vingt*quatre ans que retiré dc Cambridge à la campagne dans untems de contagion , Newton commença ses recherches fur lacause de la pesanteur (a) ; des corps qu’il vit tomber attirèrentses regards, 8c fixèrent ses idées fur ce phénomène trop familierpour être admiré du vulgaire, mais encore incompréhensiblepour les philosophes. Dès qu’il y a mouvement, il existe uneforce qui le produit; Newton pensa que cette force n’étoit pasbornée à la surface du globe : la pesanteur agit dans la pro-fondeur des gouffres dc la terre 8c fur les montagnes les plusélevées , elle s’étend même dans l’atmosphère d’où elle préci-pite les vapeurs amassées, qui tombent par leur poids fous la
(û) Préface des Elémeus dç la Philosophie de Newton par Pemècrton.
Tome II, O 00