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forme de pluie , de neige ou de grêle. Cette force, qui agitperpendiculairement à la surface de la terre, tend nécessaire-ment à son centre (a), mais elle agit loin de ce centre &. à unegrande distance. II étoit naturel de soupçonner qu’elle pouvoitatteindre la lune, qui ne nous accompagne pas si constammentfans un lien qui la force à nous suivre ; ou, comme l'a ditKcpler, sans une parenté qui l’attache à nous. Les liens desêtres sensibles font des penchans qui les unifient, les liens descorps inanimés font des forces qui les maîtrisent. Newtons’éleva donc à penser que la force de la pesanteur pouvoits’étendre jufqu’à la lune, Lc la retenir dans son orbite , pourl’empêcher de nous quitter. Jusques là ce n’étoit qu’unc idéephilosophique, une idée que Keplcr avoir eue, il falloir en donnerla démonstration, pour que ce fût une découverte. Mais si la luneest animée par la pesanteur qui fait tomber les corps à la surfacedu globe , elle doit suivre les mêmes loix ; ces corps tombenttoujours perpendiculairement à cette surface, ils tendent tou-jours au centre; la lune doit donc tendre également au centre dela terre. Certe force étoit du genre de celle que Huygens avoirappelée centrale ou centripète, elle méritoit d’être examinée;Newton y appliqua fa sublime géométrie, & il vit que lescorps qui circulent dans une courbe quelconque autour d’unpoint fixe , en vertu d’une force toujours dirigée à ce point,décrivent autour de lui des aires proportionnelles au tems.C’étoit une des loix découvertes par Kepler (<£); ainsi la supposi-tion que la lune étoit soumise à une force, qui la faifoit tendrevers nous, étoit donc conforme à une loi de la nature, puisquecette loi en découloit nécessairement.
(a) On suppose ici <]ue la terresoit une sphère parfaite, dont en effet
eiie différé infiniment peu,(è) Supra, p. 70&75.