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Tome second.
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53© HISTOIRE

Ce point de vue le plus simple est en même tcms le plusgénéral, car dans la nature on volt toujours marcher ensemblela généralité &. la simplicité. Les circonstances, qui différen-cient les cas particuliers, font ensuite considérées séparément;on traite à part les modifications qu’elles apportent : la solu-tion se transforme , elle marche avec des divisions , quifont des repos placés dans une route trop longue ; & la solu-tion d’un problème profond ôc difficile n’est plus qu’une fuitede questions, dont l’étcndue est proportionnée à notre intelli-gence.

Rien n’est plus simple que le mouvement de deux corps quis’attirent ; mais ce cas n’existe point dans un univers qui ren-ferme une infinité de corps : dès qu’il y en a trois , la com-plication commence; Newton s’arrête à ce premier degré- Untroisième corps représentera tous les autres qui le remplacerontsuccessivement; fussent-ils cent, Newton n’en considérerajamais que trois : mais de cette solution générale Newtondéduira une infinité de phénomènes, les altérations du mou-vement de la lune, la p récession des équinoxes, le flux de lamer; tout cela n’est qu’une conséquence d’un premier résultat.On a vu que la protubérance de l’équateur étoit à ses yeuxune lune circulant autour de la terre en vingt-quatre heures, lephénomène des marées peut s’offrir sous le même aspect; ;chaque molécule dc l’Océan est également une petite lune ,troublée dans ses mouvemens par le soleil ou par la lune :cette particule s’efforce , monte pour les íuivre , & retombe ,entraînée par son poids qui la rappelle à la terre. II falloit,pour résoudre ainsi le problème , n’être point effrayé de lamultitude de ces petites lunes , comprises dans le sein del’Océan , mais la puissance de les sommer ne manquera pasà Newton.