Band 
Tome second.
Seite
531
JPEG-Download
 

DE L’A S TR ON O MI E MODERNE. 551

§. XXXI

Dans ccs récits de l’histoire , nous avons eu foin d’écarterles calculs ; cependant celui que nous allons offrir est: si simple,il exige si peu de contention d’efprit, qu’en le rapportant nousavons cru faire plaisir à nos lecteurs , curieux peut-être engénéral de voir comment on estime les forces de la matière ,& comment on parvient à déterminer les efforts, qui soulèventla maffe des eaux. Newton a calculé que la force, pat laquellele soleil trouble les mouvemens de la lune, est la 1 79 e partiede la force centrale qui porte la lune vers la terre ; mais nousavons dit que cette force centrale est 3600 fois plus petiteque la pesanteur qui fait tomber les corps A. la 1 surface de laterre (a). La force perturbatrice du soleil n'est donc pas la sixcent millième partie de cette pesanteur; & si la lune defeendoità la surface & devenoit la molécule de l’Océan , Newton adémontré que la force solaire feroit encore soixante fois pluspetite (b). Cette force fur les eaux de la mer est donc 3 8 ou3 9 millions de fois moindre que la pesanteur. C’est pourtantà ce pouvoir, si foible en apparence, que les mers obéissentlorfqu’elles fe gonflent, ou qu’ellcs s’affaissent! Certe force estcelle avec laquelle le soleil agit lorfqu’il est à l’horizon ; alorsil tend à abaisser les eaux : lorfqu’il est au zénith, il tend A.les élever avec une force deux fois plus grande ; Lc commenous ne connoiffons , nous ne mesurons que la différence dela haute à la basse mer, cette différence est produite par laforce double qui éleve, Sc par la force simple qui abaisse. On

(a) Histoire de l’Astioaomic moderne, (b) Princ. matliem. I-iv. III. Prop. XXV,

supra,?. 481. & XXX VI.

X X x i j