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Tome second.
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53 i HISTOIRE

peut donc regarder cet effet comme s’il étoit produit par uneforce égale aux deux autres, & qui fût treize millions de foismoindre que la pesanteur. Newton la compare à la force cen-trifuge , qui sous l'équateur est la 189 e partie de cette mêmepesanteur : il en résulte que la force du soleil est la 44 mil-lième partie de la force centrifuge ; &, fi cette derniere forcea pu jadis élever les régions de l’équateur de la 130 e partiedu rayon de la terre (a), ou de 8 547 1 pieds, comme les effetsfont proportionnés aux causes ou aux forces qui agissent, lesoleil pourra élever les eaux de deux pieds.

La force de la lune fur ces mêmes eaux est plus difficile àévaluer; la lune n’a point de satellite , ni de corps qui pesésur elle, pour nous apprendre la quantité de son action Lc desa matière attractive ; il faut au contraire apprécier sa massepar l’effet même des marées. Voici comment Newton s’y est:pris : la lune étant en quadrature, elle se trouve au zénithlorsque le soleil est à l’horizon, elle éleve les eaux tandis qu’illes abaisse , & la marée monte par la différence de ces deuxactions. Lorsque la lune est en conjonction, passant au zénithavec le soleil, leurs actions font unies, êc la marée monte enraison de leur somme. Or on a observé à Bristol que la maréedes conjonctions montoit à 45 pieds, &: que celle des qua-dratures ne s’élevoit qu’à 1 5. Newton a déduit de ces données,en ayant égard s. toutes les circonstances particulières au tems& au lieu de l’observation , que la force de la lune étoitquatre fois &C demie plus grande que celle du soleil ; celle-ciproduit deux pieds d’élévation , l’autre en produira neuf, Síles deux ensemble onze.

(<i) Supra, p. J 1 6 .