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Tome premier.
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VIII
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vUj DISCOURS HISTORIQUEterre ; tout ce que nous pouvons conjecturer, d'aprèsle texte des livres sacrés , c’est que l’industrie humaineavait fait quelques progrès, puisque dans un espace detemps qui embrassait tout au plus cinq il six générations ,les hommes étaient parvenus à se faire une langue appro-priée à l’étendue de leurs idées , qu’ils avaient découvertl’usage du Jeu , l’emploi du bois et de la pierre , la fabri-cation de la brique , l’art de travailler le fer et Yairain yles moyens d’avoir différens outils , instrumens et usten-siles. Enfin , Yarche de Noé , si elle est telle qu’on nousla représente, n’a pu se faire sans art, sans industrie,et nous donne une haute idée des talens des premiershommes de la nature (1).

(i) « Ce n’est, dit M. de Billion, que depuis environ 3 o33 siècles que la puissance de l’homme s’est réunie à celle de33 la nature, et s’est étendue sur la plus grande partie de la33 terre. Les trésors de la fécondité jusqu’alors étaient en-33 fouis , l’homme les a mis au grand jour. Ses autres33 richesses encore plus profondément enterrées, n’ont pu se33 dérober à ses recherches, et sont devenues le prix de ses33 travaux. Par-tout, lorsqu’il s’est conduit avec sagesse, il33 a suivi les leçons de la nature, profité de ses exemples,33 employé ses moyens,'et choisi dans son immensité tous33 les objets qui pouvaient lui servir ou lui plaire. Par son33 intelligence, les animaux ont été apprivoisés, subjugués,« domptés, réduits à lui obéir à jamais. Par ses travaux , les33 marais ont été desséchés, les fleuves contenus, leurs33 cataractes effacées, les forêts éclaircies, les landes culti-33 vées : par sa réflexion, les temps ont été comptés, les»3 espaces mesurés, les mouvemens célestes reconnus, com-33 binés, représentés, le ciel et la terre comparés , l’Univers» aggrandi, et le créateur dignement adoré : par son art33 émané de la science, les mers ont été traversées, les mon-,33 tagnes franchies, les peuples rapprochés, un nouveau33 monde découvert, mille autres terres isolées sonldevenues.33 son domaine. Enfin , la face entière de la terre porte.»3 aujourd’hui l’empreinte de la puissance de l’homme,33 laquelle, quoique subordonnée à celle de la nature, sou-33 vent a fait plus qu’elle , ou du moins l’a si merveillense-33 ment secondée, que c’est à l’aide de nos mains qu’elle3 j s’est déyeloppée dans toute son étendue, et qu’elle est