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SUR L’INDUSTRIE HUMAINE,chargée de noms, et que ce qui en existe à présent sulfirpour que les ouvriers et artisans s’entendent. Je répon-drai par un fait et par un exemple : par un fait, tontesles sciences ont changé , ont étendu leur nomenclature ,à mesure que les progrès en ont fait sentir la nécessité :par un exemple , je demande si les botanistes ont rejetéla classification et la nomenclature de I innée et deJussieu, parce qu’elle était plus nombreuse que celle dela botanique du i5 e . siècle, qui ne connaissait presqueque des genres , et si les chimistes modernes ont étéarrêtés par la considération que l’ancienne langue de lachimie était suffisante. Pourquoi les arts mécaniquesn'auraient-ils pas aussi leur langue particulière ?
Quatre causes donc retardent les progrès de l’industriedans la classe des artisans ; l’espèce d’abjection dans la-quelle l’opinion tient leurs professions, le défaut d’ému-lation qui dérive de cette opinion , et qui engendre ledécouragement, le défaut de livres élémentaires, et ledéfaut d’instruction publique.
Rajeunissez les arts et métiers par une nouvelle no-menclature. Ils prendront dans l’opinion un peu plus deconsidération. La nouvelle nomenclature ne doit pas seborner à la simple dénomination des arts mécaniques.Le temps de leur enfance est passé. Ils sont assez robustespour cesser de balbutier et pour apprendre à perfection-ner leur langue. Il faut qu’un nouvel idiome s’étendeaux principes , aux instrumens, aux procédés, et c’estl’objet des livres élémentaires ( 1 ).
(i) Il serait à desfrer que les commissaires de l’institutnational , qui s’occupiut dans ce moment à nous donnerun nouveau dictionnaire de la langue française , daignassentprendre en considération la langue des arts et professionsmécaniques. N’est-il pas ridicule que nous n’ayons encore,pour désigner les outils et instrumens , que des mots géné-riques , tels que marteau , ciseau , tableau, balance, etc.,et que la plupart des termes spécifiques, propres à certains