XXXI7 DISCOURS HISTORIQUE
Ici deux questions se présentent : i°. Pourquoi deslivres élémentaires ? Pour préparer l’esprit des élèves àrecevoir la leçon pratique du maître; pour leur donnerune idée nette des objets de travaux qui doivent lesoccuper ; pour les accoutumer de bonne heure à ne rienfaire sans principe , méthode, justesse et précision , etparce qu’enfin l’homme qui raisonne son art ne fait riencomme celui qui ne connaît que la routine.
2°. En quoi consisteront les livres élémentaires ?D’abord, dans une classification générale des arts etmétiers ; puis dans une grammaire des arts, contenantune classification et une courte définition des ustensiles,outils, et instrumens utiles et communs à un grand nombred’arts et métiers ; et, sous des chapitres séparés , en unecourte définition des outils et instrumens de chaque arten particulier , indicative de la manière d’en faire usage ,de leur effet et des résultats de la main-d’œuvre. LesEncyclopédies et la Collection des Arts et Métiers, queles artisans n’auront jamais la possibilité de se procurer ,fourniraient d’excellens matériaux pour ces livres élé-mentaires ( 1 ).
Mais en vain de tels ouvrages seraient publiés aveotoute la perfection dont ils seraient susceptibles; ils nechangeraient rien à l’esprit de routine , si l’instructionpublique ne formait des hommes capables de donner une
métiers , soient des mots grossiers , barbares , faux, ou sanssignification , tels que ceux de gueuse , boucan, dégorgeoir ,âne, embauchoir, guide-âne, trousse-barbe, maître de danse ,moustache , louve , renard, baudet, ensouphan , couchoir ,casse-cou, branloir, bec d'âne , cul de lampe, torche-nez., etc.;mais il est bien à craindre que nous restions encore longitems dans l’enfance à cet égard.
(i) Le citoyen Cotte a publié , en 1801, un vocabulaireportatif des machines, outils et instrumens de mécanique,ouvrage utile , auquel il manque une classification métho-dique, tant des arts que des instrumens.