S A B E A B E
on étend sur l’orifice une toileà mailles grossières et on la lieavec un fil. On place cette demi-bouteille, le goulot en bas,dansle trou ménagé sur le haut dela ruche. Le syrop suinte len-tement. Les abeilles en sententaussi-tôt la présence. Elles ypassent successivement et avecordre; et en tout temps, sanstrouble,sans précipitation,uneruche est alimentée. Chaqueabeille 11e prend que ce qui luiest nécessaire ; rien n’est perduni prodigué. Quand on voit quela bouteille est vuide, on laremplit.
« On nourrit ainsi pendantl’hiver non seulement les jeunesruches dont les provisions sontinsnlfisantes;mais au printems,pendant les vents roux qui ta-rissent le miel, ou les grandespluies, qui le lavent et le dé-truisent ; lorsque la campagnen’offre rien et que cependant lescouvains éclosent, ce moyendevient indispensable pour lesruches de tous les âges,qui sontexposées alors à périr d’inani-tion ; et il y a eu telle année oùl’on a conservé ainsi des ruchesentières,tandis que la plupartdes ruches du même pays ontsuccombé.
Nota. Les anciens,pour nour-rir leurs mouches l’hiver, fai-saient une pâtée avec de l’eauet des figues grasses cuites en-semble. Ils mettaient aussi dansde petits vases de l’eau miel-lée, dans laquelle ils laissaienttremper des morceaux de lainetrès - propres , à travers la-quelle les mouches puisaientl’eau.
Varron, Economie Rurale ,uag. 366 , entre dans de grandsdétails sur ces animaux.
On nourrit très-bien aussi,d i t-011, les mouches d’une rucheordinaire, avec 6 liv. de miel,un quart de litron de purée delentilles et un poisson de vinblanc.( Voy. ci-après, § 10.)
§ IV. Moyen de sauver les ruchesanciennes et d'y rétablir le tra-vail et la fécondité.
« On croit communémentdevoir faire périr les ruches an-ciennes, soit simplement parcequ’elles sont très-riches et quece sont celles-là que les dangersmenacent davantage, soit lors-qu’elles 11’ont pas donné d’es-saims , soit enfin lorsque leursgâteaux sont devenus trop gros,obstrués ou infestes par les in-sectes qui se sont introduits. Ilest important de pouvoir encoresauver ces vaisseaux, et en yparvient par l’opération mêmequi fait la récolte.
» O11 sait que,malgré toutesles précautions des abeilles, lamatière du miel est su jette,avecle temps et par sa nature,à di-verses altérations. La moisis-sure, le candi, la rougeole s’ymanifestent. Dans cet état, iltient inutilement leurs alvéolesobstruées et n’est plus propre àleur nourriture. Il les prive en-core de la propreté et de l’espacenécessaire pour une propaga-tion et leurs provisions nouvel-les.
» D’ailleurs,différensinsectes,attirés par le parfum de cet ali-ment précieux, des papillons