Band 
Tome troisième.
Seite
189
JPEG-Download
 

GRE

serait très-difficile défaire réus-sir en les greffant autrement.

§ IV. Greffe par approche.

Les cultivateurs instruits de-puis un grand nombre de sièclespar l’observation de la nature ,de la faculté dont jouissent cer-tains arbres de se réunir, d’ad-hérer entre eux pour n’avoirplus qu’une circulation com-mune , et de former ainsi denouvelles espèces, ont, à sonexemple, pratiqué avec plus oumoins de succès , l’opértationtoujours merveilleuse de lagreffe. Les économes, ens’atta-chant particulièrement, etpres-qu’exclusivement aux greffesqui pourraient procurer desfruits d’unesaveur agréable, ontlaissé à tenter sur les autres ar-bres et arbustes, des suites d’ex-périences dont on a droit d’at-tendre des découvertes nom-breuses et aussi agréables par lavariété des jouissances qu’ellespeuvent procurer, qu’elles sontdésirables pour les progrès del’agriculture pratique et de lascience naturelle.

Mais revenons à la greffe parapproche. C’est une questionde savoir si les arbres ou ar-brisseaux aquatiques sont plusdisposés que tout autre à cetteréunion, ets’ily aquelqueexem-ple de pareille réunion forméedans l’eau, soit près de sa sur-face , soit à une plus grande pro-fondeur.

Entre les arbres sur lesquelscette opération a peut-être étéle moins tentée ,on doit comp-ter le frêne ; mais avant de faire

GRE 189

des essais en ce genre, il ne se-rait pas inutile desavoirsi la na-ture a présenté quelquefois desentures par approche, opéréespar le froissement de deux bran-ches de frêne, qui se seraientenfin réunies solidement ; siquelque cultivateur a tenté l’en-ture par approche ,ou la greffaen rapprochant ou en insérant,soit frêne sur frêne, soit frênesur autre espèce, soit autre es-pèce sur frêne , et quels en ontété les succès, les résultats, lesfruits et les reproductions ?

Lorsqu’on veut pratiquer lagreffeparapprochementpourlesorangers et citroniers, on piqueen terre à côté du sauvageon unebranche de l’espèce que l’on de-sire se procurer, et de la mêmegrosseur que le sauvageon ; onla plante assez prèspour pouvoirfaire toucher les deux écorces ;après y avoir fait une incision*on les assujétit ainsi l’un contrel’autre. L’humidité de la terrenourrit toujours la branche jus-'qu’à cequ’ellese soit incorporéeau sauvageon. Au bout de sixsemaines , on ôte la ligature ;on coupe la tête du sauvageon ;toute îa sève se porte dans lanouvelle branche greffée, qu’onlaisse jusqu’à l’année suivanteparticiper de l’humidité qu’elleretire de la terre j au bout de cetemps, on la coupe au-dessousde la réunion des deux sujets;quelquefois même la partie quireste dans la terre a pris racine ,et donne naissance à un nouvelarbre. Cette greffe a l’avantagede pouvoir se pratiquer en touttemps, de donner promptementde beaux arbres : car on peut5