3 8 L A Q
On vend dans le commerce,sous le nom de bezeta, un cré-pon ou linon fin teint avec lacochenille, dont on peut tirerde la laque.
On peut encore mettre de cenombre les fleurs de grenadier,l’amaranthe, la grained’hélio-trope, qui, broyée donne un sucd’abord vert, qui devient en-suite bleu, et enfin pourpre,suivant Libavius ; l’alaterne quien donne un noir, selon Clusius;les fleurs de la chicorée, de lascabieuse des Indes ; le chrysan-themon de Crète ; le cresson desIndes, et une infinité d’autres.
Les plantes dont les feuillesdonnent de la couleur , sont lestramonium , l’arbre colorant deVirginie, dont les feuilles, enles broyant dans la main , don-nent le vert le plus foncé quel’on connaisse ; les feuilles del’acanthe,du tabac, du fenouild’Espagne,qui donnentun beauvert , quoiqu’en les frottantdans la main, sur du papier oudu linge, elles donnent du bleu.Au surplus, l’expérience a ap-pris que les plantes de la mêmefamille donnent, avec plus oumoins d’in tenci lé, la même cou-leur. ( Voyez Teinture. )
§ II. Laque de cochenille.
La cochenille est un insecte ,dont on trouve l’histoire dansnotre Manuel du Naturaliste.Voyez aussi le mémoire de M.Geoffroy , inséré daqs la Coll.Acad., part.J'ranç. , t. IV, p.202. Nous nous contenterons derapporter ici le procédé propreà tirer la laquç de cette subs.-
L A Q
tance colorante : il cons ste üprendre de cochenille quatreonces;d'alun unelivre; delainebien fine et hien pure une demi-livre ; du tartre pulvérisé unedemi-livre; du son de freinenthuit bonnes poignées. Faitesbouillir le son dans environvingt-quatre pintes d’eau , leplus ou le moins ne fait rien à lachose : laissez reposer cette eaupendant une nuit, pour qu’elles’éclaircisse bien ; filtrez-la afinqu’elle devienne bien pure.Pre-nez pour lors un chauderon decuivre assez graud pour que lalainey soit au large. Versez-y lamoitié de l’eau de son , et au-tant d’eau commune que vousjugerez nécessaire pour la quan-tité de laine; faites bouillir ;mettez-y l’alun et le tartre , etensuite la laine, que vous y fe-rez également bouillir pendantdeux heures , en la remuanttoujours de bas eu haut et dehaut en bas , afin qu’elle puissebien se nétoyer. Après qu’elleaura bouilli le temps nécessaire-,mettez la laine dansun filet pourla bien laisser égoutter ; prenezpour lors la moitié de l'eau deson qui est restée ; joignez-yvingt-quatre pintes d’eau , etfaites la bienbouillir: lorsqu'ellebout bien fort, mettez-y la co-chenille , qui doit être pulvéri-sée au plus fin et mêlée avecdeux onces détartré: il faudraremuer continuellement ce mé-lange , pour qu’il ne fuie point :metlez-y alors la laine, et faitesla bouillir pendant une heureet demie , en observant de laremuer comme on l’a dit : lors-qu’elle aura pris la couleur, ce'-