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gondoles et leur disposition res-
f iective , il est aisé de concevoireur jeu et les manœuvres qu’ilconvient de faire pour se con-duire’sur l’eau. Supposons qu’ilsoit question de traverser unbassin ou une rivière ; aprèsavoir disposé les gondoles sur lebord , avec leur gouvernail enavant de leur proue, le voya-geur commence par bien assurerses pieds dans lessandales fixéessur les ponts; il empoigne en-suite de chaque main une desbéquilles; voilà parconséquentses pieds et ses mains bien ap-puyés. Veut-il naviguer, ilpousse d’abord son pied droit enavant, comme s’il voulait glis-ser, en prenant pour point d’ap-pui son pied gauche, alors lagondole attachée au pied droitcoule le long de la corde passéedans les anneaux et fixée auxcrampons dont il a été questionci-devant , et parcourt un cer-tain espace : pendant ce temps ,la gondole fixée au pied gaucheentreprend de reculer ou de dé-river ; mais elle se trouve enartie arrêtée, soit par la formee sa poupe , quise termine car-rément, soit par les quatre pe-tites ailes attachées à la quille ,lesquelles s’ouvrent alors parl’eflet seul de ce mouvement,pour y mettre obstacle; de sorteque , tandis que la premièregondole avance de i 5 à 18 pou-ces , la seconde ne recule guèresque de 3 ou 4 - Le voyageurpousse après cela le pied gaucheeu avant , en prenant pour ap-pui le pied droit, dont la gon-dole en voulant reculer est con-tenue , comme l’a été la pre-
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mière, et ce mouvement alter-natif se succédant assez promp-tement, il chemine sur l’eaucomme s’il glissait sur sa sur-lac.e; car à peine appei çoit-onles gondoles , attendu qu’ellessont presque à fleur d’eau ; il n’aque deux attentions à avoir, lapremière de contenir les gon-doles en équilibre , ainsi queson propre poids , en se portantau besoin un peu plusd’uncôtéque de l'autre; la seconde detourner à propos les béquillespour diriger le gouvernail dechaque gondole , de manière àrésister au courant de l’eau et àarriver à l’autre bord , en dé-crivant une courbe à l’ordinaire,comme fout tous les bateaux enpareil cas.
Si le voyageur n'a dessein quede suivre le cours de l’eau , lemouvement de ses pieds lui estpeu nécessaire, il n’a presqueautre chose à faire que de diri-ger le gouvernail; car alors laforme de la poupe des gondoleset les ailes attachées à leursquilles, suffisent seules pour lefaire voguer , et il peut même,en ce cas , s’asseoir sur une plan-che soutenue par les montansdes béquilles. Le procédé de cemécanicien , an surplus, porteavec soi sa démonstration : sesgondoles peuvent être considé-rées comme des espèces de cale-basses attachées aux pieds duvovageur , eu rapport pour lavolume avec la charge qu'ellesdoivent porter, et disposées defaçon qu'il peut s’y tenir deboutet les conduire à volonté. Ellesne pèsent avec tous leurs aggrèsqu’environ 8o liv., et que 210