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Tome sixième.
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n’eût pas donné jusqu’à la findu troisième siècle une livred’or pour une livre de soie.La Grèce ayant adopté cetteindustrie dans le huitièmesiècle, les soieries se répandi-rent un peu plus, sans devenircommunes. Ce fut long-tempsun objet de magnificence , ré-servé aux places les plus émi-nentes, et aux olus grandessolemnités. Roge'r, roi de Si-cile, appela enfin d’Athènes des ouvriers en soie ; et bientôtla culture des mûriers s’éten-dit de cette île au continentvoisin. D’autres contrées del’Europe voulurent jouir d’unavantage qui donnait des ri-chesses à l’Italie , et elles yparvinrent après quelques ef-forts inutiles. Cependant la na-ture du climat , et peut-êtred’autres causes n'ont pas per-mis d’avoir par-tout le mêmesuccès.

Les soies de Naples, de Si-cile, de Reggio , sont toutescommunes, soit en organsin,soit en trame; on les emploiepourtant utilement; elles sontmême nécessaires pour les étof-fes brochées, pour les brode-ries, pour tous les ouvrages oùl'on a besoin de soie forte.

Les autressoiesd’Italie,celle de Novi, de Venise, de Toscane ,de Milan , du Montferral, deBergame et du Piémont , sontemployées en organsin pourchaîne, quoiqu’elles n’aient pastoutes la même beauté et la mê-me bonté. Les soies de Bologne eurent long-temps la préférencesur toutes les autres. Depuisque celles du Piémont out été

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perfectionnées, elles tiennentle premier rang pour l’égalité,la finesse, la légèreté ; celles deBergame sont celles qui enapprochent le plus.

Quoique les soies que fournitl’Espagne soient en généralfort belles, celles de Valenceout une grande supériorité. Lesunes et les autres sont propresà tout ; leur seul défaut estd’être un peu trop chargéesd’huile, ce qui leur fait beau-coup de tort à la teinture.

Les soies de France , supé-rieures à la plupart des soies del’Europe , ne cèdent qu’à cellesde Piémont et de Bergame ,pour la légèreté. Elles ontd’ailleurs plus de brillant euteint que celles de Piémont,plus d’égalité et de nerf quecelles de Bergame .

La diversité des soies querecueille l’Europe , ne l’a pasmise en état de se passer decelles de la Chine : quoiqu’eugénéral sa qualité soit pesanteet son brin inégal, elle seratoujours recherchée pour sablancheur. On croit communé-ment qu’elle tient cet avantagede la nature. Ne serait-il pasplus naturel de penser que , lorsde la filature, les Chinois jet-tent dans la bassine quelqu'un-grédient qui a la vertu de chas-ser toutes les parties hétérogè-nes, du moins les plus grossiè-res? Le peu de déchet de cettesoie, eu comparaison de toutesles autres lorsqu’on la fait cuirepour la teinture, paraît donnerun grand poids à cette conjec-ture. ( Voyez Décreusement deLa soie. )