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Tome sixième.
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§ I er . Manière de rendre à laliqueur des thermomètres sacouleur.

Le hasard a fourni à M. l’ab-bé Nollet une observation quiconfirme la nécessité de laisserun peu d’air dans la partie dutube qui est vuide de liqueur ;on sait que l’esprit-de-vin estnaturellement de couleur blan-che ; aussi a-t-011 soin de le co-lorer pour le rendre sensibledans les tubes des thermomè-tres ; on sc sert pour cela d’or-seille , qui a la propriété deteindre en rouge lorsqu’elle estpréparée avec la chaux et l’u-rine. On la préfère au bois deBrésil , dont la teinture s’atta-che au verre, et à l’orcanette,qui perd son éclat et sa trans-parence dans l’esprit-de-vinmêlé d’eau. Mais l’orseille a unautre défaut qui n’est pas moinsconsidérable, c’est de se déco-lorer au bout de quelques an-nées; on crut d’abord que la li-queur avait déposé peu-à-peula matière dont on s’était servipour la teindre ; mais un petitaccident,un thermomètre cassé,apprit à M. l’abbé Nollet quecette teinture ne perd sa cou-leur que lorsqu’elle n’a pointde communication avec l’airextérieur, et qu’elle la reprendparfaitement lorsque cette com-munication lui est rendue. Ilparait par les expériences deM. l’abbé Nollet , que l’eauqu’on mêle avec l’esprit-dc-vin, contribue beaucoup h ladécoloration de la liqueur; carl’esprit-de-vin rectifié et pur

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ne se décolore pas. Cet babil»physicien indique en même-temps le moyen de remédierà cet inconvénient; on le pré-viendra si on a soin, comme leprescrit M. de Réaumur, delaisser un peu d’air dans lapartie vuide du tube. M. l’abbéNollet , dans les Mémoires del'Académie de l’aunée 1742,annonce un moyen assuré deprévenir ou de réparer cet ef-fet , c’est de mêler avec la li-queur un peu d’esprit volatilurineux; ce qu’il en faut n’estpas capable d’en changer ledegré de dilatabilité. (VoyezCo/lect. Acad. , partie Jranç. ,tom. IX, p- 538 . )

§ II. Différons essais pour la

perfection des thermomètres.

Après avoir indiqué la cons-truction et l’usage du thermo-mètre , il nous reste à faireconnaître quelques essais faitsdepuis, soit pour en étendrel’usage, soit pour leur donnerplus de sensibilité, soit pour enobtenir les effets avec, d’autresmatières et par d’autres procé-dés. D’abora en 1702, le sieurBourbon a présenté, à l’Aca-démie des sciences, un thermo-mètre dans lequel, au lieu deplacer la liqueur dans une boule,il la renferma dans une boîtecomposée de deux calottes hé-misphériques, dont l’une ren-tre dans l’autre. Ce thermo-mètre, construit d’ailleurs sui-vant les principes de Réaumur,a paru beaucoup plus sensibleque les autres.