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Tome sixième.
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longue jambe de mon syplionavait 14 pouces de longueur, etl’autre jambe de 10 pouces étaitrepliée en deux parties de 5pouces chacune, et ces deuxparties formaient un syplionrenversé , dans lequel je fis

Î jasser de l’eau colorée, de latauteur d’environ 3 pouces dansl’une et l’autre branche.

Ayant ouvert la terre à 9pouces de profondeur, j’y pla-çai la longue branche du tube,que je fixai à un appui bienferme.

J’eus soin de l’arranger avecde petits morceaux d’ardoise ,de manière que l’orifice du tubene fût point bouché, et je rem-plis de terre le trou que j’avaisfàit pour y mettre le tube.

Je plaçai ensuite deux petitesrègles graduées, en marquantsur chacune le point correspon-dant à la liqueur dans l’une etl’autre branche.

Voilà la disposition de l’ins-trument pour les observations.Au temps de la condensation ,où se fait une sorte d’aspirationdans la terre, la liqueur montedans la branche qui tient autube dont l’orifice est en terre,et elle descend dans l’autrebranche ; le contraire arrivedans le temps de la raréfaction.

Ces observations démontrentque pendant la chaleur du jour,temps de la raréfaction, les par-ticules d’air et d’eau dilatéesdans la terre , y forment unepression en tous sens, dont l’ef-fet se fait sentir sur la surfacede la liqueur, avec assez deforce pour la faire descendre dece côté-là, et la faire monter

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de l’autre; et que pendant lanuit, temps de la condensation,les particules d’air et d’eau di-minuent alors de volume, etoccupant moins d’espace, il seforme dans la terre une sorted’aspiration qui attire, soulèvela liqueur, qui monte du côtéoù elle est aspirée, et descenddans l'autre.

Ces effets de la raréfaction etde la condensation dans la terre,bien reconnus , prouvés et mê-me gradués au moven de cetinstrument, ne laissent plusdouter de leur action sur lesracines des plantes. Il est aiséde concevoir que, pendant lachaleur du jour, la sève estpoussée dans les racines avec lamême force qui presse ici laliqueur dans le tube, et que,pendant la fraîcheur de la nuit,l’aspiration qui soulève ici laliqueur, attire et alonge lespetites racines, et leur com-munique une grande force desuccion pour attirer la sève des-cendante.

Que.d’incertitudes dissipées,que de connaissances acquisespar cette seule expérience ! Ellesert à expliquer plusieurs phé-nomènes de la. végétation , quijusqu’ici ont été regardés coin-meincompréhensibles, tels quela perpendicularité constantede la radicule et de la plumedes graines , toujours dans unsens opposé; la manière dontces tendres plumes soulèvent etpoussent des masses de terreénormes, eu égard à leur fai-blesse; comment les racines s'a-longent et pénètrent dans desterreiüî fort durs, etc.