VER
dans un mortier une certainequantité de feuilles de mûrierfraîches, pour en exprimer lejus, que l’on fait ensuite épais-sir par le feu. On conserve cettesubstance extraite dans des vasesà goulot, en les remplissantd’huile de quelques travers dedoigts.
De ce procédé, il résulte deuxavantages ; le premier, de nour-rir les vers à soie dans le tempsoù les mûriers ne donnent pasencore de feuilles, et mêmedans des années de disette; lesecond , de se procurer dans lesclimats froids des récoltes abon-dantes de soie , en faisant éclorede bonne heure les vers à soie,et leur fournissant , un moisavant que les mûriers poussent,une substance qui leur soit pro-pre, et qui supplée en quel-que sorte à la feuille tendre etnouvelle que le pays refuse.
On a essa3’é sans succès denourrir les vers à soie avec desfeuilles de ronce, de chêne, decharme, de laitue, etc.
Cependant on lit dans lesAnnonces de la Société econo-mique de Leipsick , que lesfeuilles tendres de la dent delion ( leontodon taraxacum , L.)et de la laitue, peuvent rem-placer pendant quelque tempsles feuilles de mûrier. Dans leDevant, si les vers éclosentavant que les feuilles de mû-rier paraissent , tes habilansles nourrissent avec celle de lapetite mauve ( malva rotundi-Jblia'). ( Voyez l’ EncyclopédieMethod. , tome VIII des Artset Métiers , p. 389).
§ III. Manière de tirer la soiedu-ver à soie mort de maladie.
M. Dubet, auteur de la Mu-riomvtrie , a remarqué que lamatière-soyeuse était, dans lecorps du ver à soie, une espècede gomme renfermée dans deuxboyaux qui lui servent de ré-servoirs. Il a trouvé le moyende filer cette substance aprèsl’avoir rendue solide, en tai-sant macérer pendant quelquesheures le ver dans du vinaigreou de l’eau fraîche. Elle se filed’un brin très-égal, en la ti-rant, après qu’elle a pris de laconsistance, avec la main ouavec un dévidoir, par l’ouver-ture qui est à l’extrémité duboyau , et qui vraisemblable-ment lui sert de filière. Il se-rait donc possible de tirer lasoie immédiatement des réser-voirs , et de la filer dans sonétat de gomme. L’avantage ma-nifeste qui résulterait de cettepratique, ce serait de conserverla soie d’un nombre prodigieuxde vers qui périssent avant d’ê-tre parvenus à une maturitéparfaite.
§ III. Manière de faire périr
les chrysalides dans leurs co-cons.
M. Arnauld de Bouisson, prê-tre de l’Oratoire, a imaginé unnouveau moyen d’étouffer leschrysalides dans les cocons desvers à soie, sans le secours dufeu ou des va peurs de l’eau bouil-lante. Cette méthode a été' ap-prouvée par les états de Lan-