V O U
longues perches de bois remuentsans cesse le béton lorsqu’on lejette, afin d’en réunir toutesles parties , et ne laisser aucunvuide. Ces tranchées une foisremplies, on les couvrira deterre, et on les laissera s’affer-mir pendant une année entière.
La seconde année on les dé-couvrira , et on travaillera auceintre de la voûte. Alors oncommence à poser avec la truellele béton , lits par lits, commeon ferait pour la maçonnerieen pierre; il n’est pas inutiled’;y larder des cailloux , desmorceaux de pierre ou des bri-ques. On pose le béton des deuxcôtés pour le monter égalementjusqu’à la clef que l’on mettra,en posant des cailloux ou despierres dans le béton , en frap-pant avec le marteau. Le toutsera recouvert de 6 pouces deterre, et on le laissera reposerencore pendant deux années.Ceux qui exigeront plus de cé-lérité feront les murs de la caveen maçonnerie ; elle sera beau-coup plus coûteuse, il est vrai,mais on gagnera une année.
Passé ce temps, on sera as-suré que le béton aura pristoute la consistance nécessaire;les planches qui figuraient l’ou-verture de la voûte seront dé-faites , et on enlèvera par cetendroit tout le terrein qui aservi de charpente pour lesmurs et pour la voûte. Si le sold’une pareille cave avait étédans le temps recouvert de bé-lon , on serait assuré qu’elletiendrait l’eau comme un vase,et que jamais l’eau extérieurene la pénétrerait j ce qui est un
V O U 5i 7
grahd avantage pour les cavesbâties près des rivières , prèsdes latrines, des puits, etc.Plus le béton vieillira , plus ilacquerrera de force et 'de con-sistance , et sa dureté deviendrasi forte, que dans moins de dixa us, les instrumens de fer n’au-ront aucune prise sur lui. Onpeut également faire en bétonles fondations pour les maisons;il suffit de leur donner le tempsde sécher.
M. de Salberg propose pourle même objet, un ciment donton trouvera la composition dansla Coll. Acadérn ., part, ètrang. ,t. XI, p. 45o.
M. Loriot propose aussi doconstruire des caves avec sonciment, qui auraient les mêmesavantages que celles dont nousvenons de parler. {Voyez l’arti-cle Ciment. )
La manière de bâtir quenousvenons d’indiquer , est très-importante pour les campagnesoù la pierre n’est pas abondante;mais pour la plus grande éco-nomie , on peut bâtir en pisé.Voyez ce que nous en avonsdità l’article Murailles économi-ques.
§ III. Voûtes en charpente etmenuiserie.
C’est sans doute un beauchef-d’œuvre de l’art de la me-nuiserie , que la couverture dela halle aux farines de Paris ,qui, depuis près de 20 ans, exporsée à l’ardeur du soleil, à l’in-tempériedessaisous,aux injuresdu temps , et tourmentée suc-cessivement par l’alternative.
3