A L’ E I) IT E U R
orsque vous verrez figurer, en tête de cette ouvrage, ces lignes nue je vousadresse, vous serez sans doute étonné, de ce que j’ai pris la liberté de les
que lorsqu’on veut rendre justice au mérite, il faille, préalablement, en demander la permissionà celui qui s’est attiré un juste tribut de reconnaissance.
Je tiens à établir, qu’il ne suffit pas à un auteur d’entreprendre des études longues et
sérieuses, sur un sujet intéressant et utile ; de consacrer ses jours et ses nuits, et toute son
intelligence, pour recueillir, coordonner et illustrer les documents qui doivent concourir à former
un ouvrage destiné au public. Tous ces soins, tous ces sacrifices seraient infructueux, et
l’auteur ainsi que son ouvrage, resteraient la plupart du temps inconnus, sans l’intervention
d’un éditeur hardi, intelligent, actif, dévoué et sachant disposer de ses ressources pour se-conder, appuyer et mener à bonne fin l’entreprise de l’auteur.
J’ai eu la bonne fortune de rencontrer en vous, un éditeur doué de toutes ces précieusesqualités, et je désire, ici, vous prouver que j’ai bien compris la valeur de vos services.
Dans une œuvre aussi importante que celle de la publication de tous les monumentscivils, religieux et militaires de Michel Sanmicheli, il fallait des matériaux de toute sorteet des documents que, très-difficilement, on pouvait se procurer, car Sanmicheli a semé, pourainsi dire, ses trésors artistiques et scientifiques sur la plus grande partie du sol italien ; etcomme, depuis lors, trois siècles sont déjà écoulés, il devenait encore plus difficile de découvriret de rajeunir ces trésors, pour en faire profiter les nouvelles générations. Il fallait encore,des dessinateurs et des graveurs sur cuivre doués de beaucoup de talent, et un imprimeurhabile et bien outillé, afin de pouvoir donner aux œuvres de Michel Sanmicheli, une paruredigne de ce grand architecte.
Il fallait enfin, parler aux amis des beaux-arts et de l’architecture; les déterminer àsouscrire à notre entreprise et à couronner ainsi nos efforts qui tendent, avant tout, à ajouterà la bibliothèque des beaux-arts, les œuvres d’un des premiers pères de l’architecture moderne.
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