zième siècle une plus ancienne, se voit encore au portail de l’église de Saint-Germain-le-Rond ou l’Auxerrois.
La figure suivante représente un diacre qui a reçu les honneurs du nimbe.Cette statue, sculptée en pierre , est celle de saint Aventin , premier évêquede Chartres . Il est vêtu d’une tunique longue et d’une dalmalique riche-ment brodée. Le livre qu’il tient à la main est décoré de dessins en or et enrelief, selon le goût du temps. Cette statue , de grandeur naturelle, se voit auportail de l’église cathédrale de Ghartres, dont saint Aventin fut le premierfondateur. Comme cette église fut entièrement incendiée par les Normands,et relevée au commencement du dixième siècle , nous pensons que ce futalors qu’on y plaça la statue de saint Aventin , dont nous reportons parconséquent l’exécution vers la fin du neuvième siècle.
La troisième figure est celle de saint Marcel, évêque de Paris . Cette statue,en pierre, a été sculptée avec beaucoup de soin. Elle nous fournit un modèledes costumes que portaient alors nos évêques. Après avoir rendu de grandsservices à la ville de Paris , saint Marcel mourut au commencement du cin-quième siècle. Cette statue, de grandeur naturelle, fait partie des figures re-marquables du portail de Saint-Germain-l’Auxerrois. Elle est du douzièmesiècle.
Peintures représentant divers travaux agricoles. Ces peintures sont desfragmens d’un tableau plus considérable passé en Angleterre. Le tout formaitune espèce d’almanach représentant les douze mois de l’année, et successi-vement les travaux agricoles de chaque mois. Les morceaux curieux que nousdonnons ici représentent le labour des champs, la chassera l’oiseau, et desmoissonneurs allant au travail. Ou y voit la charrue et les instrumens ara-toires , de même que les costumes des paysans et des grands sous les rois dela première race (1).
Couronnes des rois de la première race. Ces huit couronnes variées ont étédessinées , soit d’après les statues du grand portail de Saint-Denis , soit d’aprèsMontfaucon , qui en avait tiré plusieurs de ceux de Sainl-Germain-de-Prés,renversés en 1 795. ( Voyez, Montfaucon, Monarchie française, 1. 1 , p. 24et suiv. )
Armes Et instrumens de musique. Les armes sont des espèces de haches àdeux tranchans, et la hache ordinaire; les instrumens de musique sont desespèces de lyres faites a 1 imitation de celles des anciens.
PLANCHE VIII.
Monnaies des rois de la première race. Pour rapprocher des princes souslesquels ont été frappées plusieurs des monnaies des rois de la premièrerace, le graveur a cru devoir en placer plusieurs sur la planche précédente,et a interverti par là l’ordre régulier que devait présenter le tableau qui vanous occuper. Afin de remédier à cet inconvénient, nous indiquerons lerègne auquel appartient chaque monnaie.
Fig. 1. Monnaies de Teudomer; tiers de sol d’or. Cette monnaie, qui porteune tête ornée d’un diadème ou d’une couronne de perles dans le goût desOrientaux, et pour légende TEVDOME REX, pourrait bien avoir étéfrappée en l’honneur de Teudomer, fils du fameux Ricliimer, décapitél’an 4 i 5 pour avoir attenté contre l’empire. Ce Teudomer aurait été duc ouroi des Français peu d’années avant Pharamond, dont Mézerai rapportel’inauguration à l’an 418. Nous devons dire toutefois que Leblanc remarque,d’après Procope et Grégoire de Tours, que les rois de France ne firentmettre leur image sur les monnaies qu’après y avoir été autorisés par l’em-pereur Justinien ; ce qui fixerait la date de celle-ci de l’an 535 à 556 . Cepen-dant, si cette pièce n’appartient pas au prince dont nous venons de parler, nousne saurions déterminer quel est le TEVDOMER dont elle porte le nom.Il faut remarquer que l’R de la légende entre dans la composition des deuxmois, comme cela se voit dans les inscriptions du bas-empire.
* Le dessin du revers est insignifiant. O11 lit autour YALTA COxNNO; cequi indiquerait, suivant Leblanc (p. 11 et 12), le heu où la pièce a étéfabriquée, Civita Conno.
Monnaies de Clovis i cr (2). Les deux pièces de monnaies gravées fig. 1et 2 n’offrent rien de particulier- L’inscription qui devait figurer au reversde la première est entièrement effacée. D’un côté du croisillon on voit unalpha, de l’autre un oméga. Nous avons déjà expliqué cet emblème. (Voyeztombeau de saint Drauzin, planche VIL ) Ces signes se trouvent assez com-munément sur les monnaies de Dagobert , de Robert, d’Henri i cr , de Philippe i oret de Louis vi .
Les fig. 4, 5 et 6, également des tiers de sol d’or, appartiennent aussi aurègne de Clovis , quoiqu’elles ne présentent pas le nom de ce prince. Aurevers de la 4 % frappée à Soissons , comme l’indique son inscription, onvoit un petit homme debout couvert d’une tunique, et tenant à la mainla hache que portait Clovis au lieu de sceptre, selon l’auteur des Gestes desFrançais et Aimoin ; c’est cette hache que l’on nommait francisque. L’in-
(1) Nous prions le lecteur de se rappeler que, dans nos explications, nous suivronstoujours la marche de l’histoire, et non pas la date des monumeus, qui souvent est pos-térieure au temps dont ils retracent les usages et les costumes.
(2) Il est nécessaire de remarquer ici que Clovis a souvent été désigné par le nom deLouis. Cassiodore , qui vivait au temps de ce prince, le nomme Laduvis. Il est aussi
appelé Iiludovicus dans un litre du roi Eudes de l’an 8 g 3 .
i 1
scription BETTO. M. serait le nom du monétaire. Nous pensons que cettemédaille fut frappée en mémoire de la victoire de Clovis sur Siagrius. La 5 eet la 6 e ont été gravées, la première à Essone, la seconde à Soissons , commel’indiquent leurs inscriptions. La 6 e est précieuse en ce que la tête de Clovis y est parfaitement semblable à celle des deux statues de ce roi gravéesplanche VL
Monnaies de T héodoric 1 e1 , roi de Metz . Les deux figures 7 et 8, quiappartiennent à ce règne, n’offrent rien de particulier.
Monnaies de Theodeùert i cr , fils de 1 hèodoric i“ r . Les fig. 9, 10, 11, 12et i3 ajipartiennent à ce règne.
La 9“ est un tiers de sol d’or. On croit que les lettres D N qu’on lit avantle nom de Theodebert sont la pour Dominus noster , titre qui n’appartenaitqu’aux empereurs (voyez le président Héuault), et que la médaille futfrappée pour rabaisser l’orgueil de Justinien , qui avait pris le titre de Vain-queur des Français . Au revers est une victoire ailée tenant à la main unglobe, qui a disparu, de même que la légende.
Les lettres TORIA qu’on voit sur la fig. 10 sont le reste du mot Victoria,qu’on lit aussi au revers.
La fig. u est un sol d'or. Théodebcrt y est représenté en habit deguerre , tenant à la main droite un javelot, et à la gauche un bouclier surlequel se dessine un cavalier au galop. Autour est écrit D. N. THEODEBER-TVS VICTOR; au revers, une victoire ailée debout sur un monstre,tenant d’une main une croix, de l’autre un globe surmonté aussi d’unepetite croix; pour légende, VICTORIA. AUCCf. Bouterouë croit que celtemédaille fut frappée après les conquêtes de Theodebert en Italie . (O11 peutconsulter Leblanc , p. 22 et 25 , pour plus de détails.)
La figure 12 est une monnaie de cuivre qui représente d’un côté le mo-nogramme de Chris tus, de l’autre une croix avec le mot .CABILONNU, quidésigne la ville de Châloris, selon Bouterouë et Leblanc.
Au revers de la fig. 15 on lit VICTORIA.
Monnaies de Childebert . Les fig. i4> i5 et 16 appartiennent à ce règne.Au revers de la première on voit un A et un lt en gros caractère, et au-dessous un C et un I beaucoup plus petits. On croit reconnaître dans leslettres AR les deux premières du mot Av claie , aujourd’hui Arias; et dansle C et l’I, celles qui commencent le mot civitas.
Le revers de la fig. i5, frappée dans la même ville, présente le mono-gramme de Christus; celui de la fig. 16 fait voir un monstre quadrupèdeavec une queue de scorpion. La légende OTIML M., dont le reste est effacé,pourrait bien être le nom du monétaire.
Bouterouë et Leblanc attribuent au même prince les deux tiers de sold’or numérotés 17 et 18 , quoiqu’ils ne portent aucune légende au nom duroi. Les têtes sont d’un dessin barbare. Le nom du monétaire DOCIO. MO,fig. 17 , et la légende VICTORIA AUGUSTOR , pour Victoria Augustorum ,fig. 18, ont fait présumer que ces deux pièces avaient été fabriquées à Lyon .
co it-ü L/l/l/tU-U/
JL J i
j s- *y> üi, 22, 24, 20 et 20, sontsept pièces de monnaie d’or du règne de Clotaire V , fils de Clovis . Leslettres MA qu’on lit au revers de la fi g. .9 sont là pour Massilia, Marseille .La légende VICTORIA GOTTICA rappelle peut-être ici que les Français venaient d’acquérir Marseille et toute la Provence , qui leur fut cédée par lesGoths . ( Voy ez Allas géographique, planche 6,1 analyse et le précis his-torique.) Les fig. 20, 21, 22, 24 et 25, frappées également à Marseille au nom de Clotaire , doivent peut-être, suivant Bouterouë et Leblanc, êtrereportées aux règnes de Clotaire n et Clotaire m.
La fig. 25, placée au nombre des monnaies au nom de Clotaire , est untiers de sol d’or de bas titre frappé par ordre de Childebert en mémoire dupéril qu’il venait d éviter en découvrant la conspiration de Frédégonde . D’uncôté est un jeune prince les bras levés au ciel et les mains jointes en signed’action de grâce. Autour on lit AllVERNO, ou Clermont en Auvergne ,qui faisait partie du royaume d’Austrasie , échu à Clotaire i cr . Au revers onvoit un A et un h , qui signifieraient Austrasiæ , selon Bouterouë, ou Aus-trasiorum rex. La légende HIOM. I. B. pourrait être le nom du monétaire.
Monnaies de Chérebert. A ce règne se rapportent les fig- 27, 28, 29
. 11 ,ii- FllEB- ■ • est I e t’este du mot
et 5o. Au revers de la seconde, la legende Juxi-u
CHEREBERT US. , , . .,
^ „ . - 1 ,!’nr Au revers de cette dermere est
I es fia- 29 et 00 sont des tiers de sot a u< ■ ...... ,
1 ,V 1 2 3 ' ,, ,, . ces mots, TE LA Fl U b MON ETA ,
mi calice surmonte dune croix, avec <-cs „ ..
un , . t i 1 dit oue Cherebert fit mettre un calice
nionela pour monetanus. Leblanc nu 4
1 - u mémo re du concile assemble a Fours
«or les monnaies pour consacrer la incu» . . .
bU . ’ - -, f , .,,-rêié au à 1 avenir la sainte Eucharistie
nar son ordre lan 567 , ou d fut ai rem }
1 ... , , en lombes d or, suivant 1 usage, mais dans
, ie serait plus conservée dans des cotons »
des coupes de métal précieux.
Monnaie de Sigeberl . Nous n’avons qu’une seule monnaie de ce prince,gravée fig. 5i. Au revers on voit un calice surmonté d’un croissant et d’unehostie. Au-dessous on lit BAN ; ce qui serait, selon Bouterouë . l’abréviationdu mot Baunaciaco ; et pour légende GAVALETANO, où Leblanc trouvela signification de Gèvaudan .