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effet, et présente l’aspect d’une belle et riche broderie. Ces sculptures représen-tent des tiges de plantes, des nœuds et des rinceaux dans lesquels se jouentdes enfans tout nus ; on y voit aussi des oiseaux chimériques, des lions et despoissons. Un riche bandeau ou un ruban tourne autour de la colonne, déter-mine son diamètre, et tranquillise l’œil sur la solidité qu’elle doit présenter.Les chapiteaux et les bases sont ornés d’animaux fantastiques.
Les colonnes de Saint-Denis étaient dorées et coloriées (1) ; on en voit deparfaitement semblables au portail de l’église cathédrale de Chartres , bâtie àla même époque. (Voyez les chapiteaux de la nef de Saint-Germain-des-Prés , planche XIV. )
Musiciene. Cette miniature, tirée de la Bibliothèque du Roi, représenteune femme assise dans un fauteuil tenant une orgue dans ses mains; elle estvêtue d’une longue tunique blanche brodée en or, et d’un second vêtementdont les manches sont pendantes. Le bandeau qui couvre son front, et les deuxtresses de cheveux qui pendent des deux côtés de ses épaules pourraientfaire penser qu’on a peint ici une reine ( voyez, planche VI, la statue de Cio-tilde, et planche XIII, celles du portail de Chartres ) ; mais il est probable quec’est sainte'Cécile, qu’on représente ordinairement touchant de l’orgue. Onsait que le premier de ces instrumens qui parut en France fut envoyé parl’empereur Constantin à la cour de Pépin.
Église de la Trinité de Caen . Cette église dut sa fondation à la princesseMathilde, femme de Guillaume-le-Conquérant , dont le corps était conservéau milieu du chœur sous un monument en marbre. La forme des portes ,l’ajustement des colonnes et les sculptures qui les décorent présentent beau-coup de ressemblance avec celles des églises de Cluny , de Saint-Étienne deBeauvais , et de Saint-Denis. (Voyez planche XX.)
Le portail de cette église, simple dans l’ensemble de sa composition, offreplusieurs genres d’architecture qui appartiennent à des époques différentes.Les trois portes principales, les deux attiques l’un sur l’autre formant ga-leries, ainsi que les deux plates-formes des tours, nous paraissent remonterau temps de Guillaume : les cintres enfoncés et à cercles parfaits appuyés surdes colonnes simples et doublées, ainsi que les ornemens des portes, l’indi-quent assez. Mais l’exécution des deux tours, égales en hauteur, qui s’élèventau-dessus des plates-formes, est postérieure à celle de l’édifice. Celles quiexistaient anciennement, beaucoup plus élevées que celles-ci, ayant été dé-molies en i 36 o par ordre de Charles v , ce roi les fit rétablir telles qu’on lesvoit. Cependant, sans donner à son dessin une forme trop sévère, l’architectese conforma à l’ancien style ; car sous ce règne on ne construisait en pleincintre que par imitation, ou dans des restaurations. Les galeries qui cou-ronnent ces tours paraissent être du dix-huitième siècle ; ce qui assigneraittrois époques différentes à la construction totale de l’édifice.
L’intérieur de l’église de Caen , plus bas de quatre marches que le sol exté-rieur , se compose d’une nef très-spacieuse et d’un bel aspect, accompagnéede deux ailes, ou bas-côtés, formant galeries, dont la décoration est parfai-tement semblable à celle de la façade. La voûte, en plein cintre, retombesur des piliers formés de plusieurs faisceaux de colonnes : les chapiteaux,sans ornemens, sont coupés en angles droits. Ainsi nous classons cet édificeau nombre des monumens du premier style dans le moyen âge.
Statue de la Vierge, sculptée en bois, dans la proportion de quatre pieds etdemi. Cette statue est très-curieuse (a). La Vierge est représentée assise sur unechaise de la forme de celles dont on faisait usage dans le dixième siècle; d’unemain elle tient l’enfant Jésus, qui donne la bénédiction; de l’autre la bouledu monde, qu on peut considérer comme un symbole de la puissance qu elleexerce dans le ciel et sur la terre. Le costume de la sainte Vierge est parfaitementsemblable à celui des reinçs de France (voyez planche VI et XIII, Clotilde,Frédégonde, et les statues du portail de Chartres , planche XIII); elle portesur la tête la couronne et le voile, avec la longue chevelure , qui distinguaitles reines et les princesses de la première, de la seconde et du commence-ment de la troisième race. Son manteau est fermé sur le devant par desagrafes faites en verre de couleur pour imiter des pierres précieuses ; elleporte deux tuniques, l’une courte, l’autre plus longue, toutes deux brodéeset garnies de perles : ses souliers ou ses sandales sont également garnis. Celtefigure, que l’on a vue depuis 1792 au musée desPetits-Augustins, a été trans-portée dans l’église royale de Saint-Denis .
(1) Ces sculptures ont beaucoup de rapport avec celles des colonnes du palais du roides Indes dont parle Quinte-Curce . Ce palais était, dit-il, orné de colonnes dorées , autourdesquelles rampait une vigne sculptée, également dorée. Cette vigne était accompagnéede différentes figures d’animaux et d’oiseaux en argent, rehaussés des différentes couleursque la nature a données à chacun d’eux.
(2) Cette vierge passe pour être celle qui, dans la rue auxOurs, où elle était placée,fut frappée le 3 juillet i/ji8 d’un coup de couteau, par un soldat suisse ivre, qui avait perduson argent et ses habits au jeu Elle répandit, dit-on, plusieurs gouttes de sang, et futtransférée de suite dans l’église Saiht-Martin-des-Champs, où elle est restée jusqu’à lasuppression des monastères. Ce fait a donné naissance à une cérémonie superstitieuse quise pratiquait tous les ans à la même époque. On promenait dans les rues de Paris unmanequin colossal ayant un bras levé, tenant à la main un poignard, et vêtu comme lefut le coupable lorsqu’on le mena au supplice. Après l’avoir ainsi promené toute lajournée, on le brûlait devant le lieu où la Vierge avait été poignardée. Cet usage n’a cesséque depuis les premièrs temps de la révolution.
//. e Atlas. — Monumens.
PLANCHE XX.
Plans , élévation principale et détails de sculpture de l’église de Saint-Denis. Après que les Normands eurent dévasté l’ancienne église de Saint-Denis ,l’abbé Suger entreprit de la rétablir, en respectant toutefois de l’ancien bâti-ment ce qui avait été construit par Pépin et Charlemagne ; c’est-à-dire leglisesouterraine. (Voyez les plans des deux églises, que nous avons fait graver. )Il ordonna à son architecte, dont le nom ne nous est pas parvenu , d’en fairele plan général, qu’il adopta. La bâtisse en fui commencée sous son minis-tère , et suivie après sa mort.
Le chœur faisait partie de cette nouvelle construction, ainsi que les toursavec la plate-forme pour servir de défense à 1 église et au monastère. La nefrestait à faire lorsque Suger mourut, et ce bel édifice ne fut entièrementterminé que sous le règne de Philippe-le-Bel .
La dédicace du nouvel édifice fut consacrée en présence du roi Louis-le-Jeune et de sa cour, dans le mois de juin n 44 - Comme les différentesparties de ce monument demandent des détails étendus, nous allonsconsacrer un article particulier à chacune des parties gravées sur celteplanche.
Plan de l’église souterraine de Saint-Denis . Les fondations de cetteéglise sont du règne de Pépin, et la construction de celui de Charlemagne .Il se compose :
D’une galerie demi-circulaire (fig. 1), qui contient sept chapelles, danslesquelles seront placés, par ordre de dates les tombeaux et mausolés desrois, des reines, des princes et des princesses des trois dynasties de nos rois,qui étaient réunis au musée français des Petits-Augustins. La chapelle ducentre est celle qui a été consacrée sous le nom de chapelle expiatoirej elleest ornée de sculptures, de peintures et de dorures du meilleur goût ; et detables de marbre noir, sur lesquelles sont gravés et rehaussés d’or les nomsdes personnages enterrés dans l’église de Saint-Denis ; le tout exécuté sur lesdessins de M. Debret, architecte actuel de l’édifice.
De plusieurs caveaux. Celui du centre (fig. 2), le plus grand de tous, estdestiné â la sépulture delà famille royale des Bourbons (i). Les caveaux(fig. 5 et 4 ) contiennent les dépouilles mortelles des rois, des reines, desprinces, des princesses des trois dynasties, et des personnages illustres quiavaient été arrachés à leur sépulture en 1 793 (2). Le caveau (fig. 5 ) contientles corps de Louis vu, dit le Jeune , et de Louise de Lorraine , femme deHenri ni. Le caveau (fig. 6) renferme le corps de son altesse sérénissimeLouis-Joseph de Bourbon , prince de Condé.
La figure 7 est l’escalier fermé d’une grille à plusieurs clefs, qui du fondde la nef, à l’entrée du choeur, conduit aux tombeaux de la famille royale.Les deux escaliers (fig. b) qu’on voit de chaque côté de celui-ci conduisentaux autres caveaux et aux galeries souterraines, où sout placés les mouu-mens. Les deux escaliers ( fig. 9 ) conduisent du rez-de-chaussée de 1 égliseaux galeries supérieures delà nef et du chœur. La chapelle tîg. 10 renfermele mausolée d Henri n et de Catherine de Médicis . Dans celle fig. 11 l’on voitcelui de Louis xn. Figure 12, chapelle où l’on voit le tombeau de Fran-çois I er .
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Le reste de ce plan se rapporte à celui de la nef du rez-de-chaussée.
Plan de l’église de Saint-Denis . Ce plan du rez-de-chaussée est d’un belensemble. Le porche se distingue par de forts piliers qui supportent lestours, où l’on monte par deux escaliers; il porte quarante-deux pieds deprofondeur sur soixante-quinze de large. La nef, séparée des bas-côtés pardes faisceaux de colonnes, a deux cents pieds environ de longueur sursoixante-dix-huit de large , y compris ces mêmes bas-côtés, mais non les dixchapelles. Le chevet a quatre-vingt-un pieds de profondeur sur quatre-vingt-quatre de large, non compris l’espace occupé parles chapelles. La lon-gueur totale de l église est de trois cent vingt-six pieds. La pièce figurée enbiais, à la droite du plan, et la nouvelle sacristie, construite par M. Ce-lerier.
Voici l’explication du plan de leglise. Fig. 1, les sept chapelles demi-circulaires du chevet; 2, le chœur; 5, le maître-autel; l\ . sacristie deschantres et des enfans de chœur; 5, grande sacristie; fi , chapelle saint Louis,où doivent se placer les mausolées de Louis xvi et de la reine Marie- 4 ntoi-nette sa femme ; 7, nouvelles marches pour monter au chœur et au chevet;
(1) - En 1806, les ouvriers employés à la restauration de ce caveau ont découvert d’an-ciennes constructions, parmi lesquelles se sont trouvés plusieurs bas-reliels grecs du Bas-Empire en marbre , dont un seul a été conservé et déposé dans les galeries souterraines. Ilreprésente un combat.
Cette découverte nous autorise à dire qu’il y avait là un temple païen, sur les débrisduquel Dagobert a fait bâtir l’église. Dans le même caveau on a découvert trois cercueilsde pierre, dont un contenait un squelette qui portait sur la poitrine une espèce de plaqueen bois avec des ornemens dorés, que nous supposons être une dignité de ces tempsreculés.
On a déposé solennellement dans ce caveau les corps de Louis xvi, de la reine Marie-Antoinette ; ceux de Mesdames Marie-Adélaïde de France, Victoire Louise-Marie-Thérèsede France, de Mademoiseue Louise-Isabelle de Berry, premier enfant de S. A. R. Charles-Ferdinand d’Artois, duc de Berry, et de Caroline-Ferdinande-Louise , princesse des deuxSiciles; et enfin celui de S. A. R. Charles-Ferdinand , duc de Berry.
(2) Voyez les notes historiques sur les exhumations faites en 1793 dans l’abbaye deSaint-Denis , que nous avons fait imprimer en tête du tome a de notre Musée des monu-mens français .
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