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Monumens des arts libéraux, mécaniques et industriels de la France, depuis les gaulois jusqu'au règne de François Ier : 45 planches, contenant plus de 800 sujets, dessinés et gravés au trait par les plus habiles artistes en ce genre : présentant une suite non interrompue de monumens d'architecture, de sculpture et de peinture; de monnaies, médailles, meubles, armes et armures; costumes civils, religieux et militaires; machines, inventions utiles, etc., etc. ... / par ... Alexandre Lenoir
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DES MONUMENS DE LA FRANCE .

l’effet pittoresque des colonnes, multipliées avec profusion, mais avantageuse-ment employées ( i).

Coupe du réfectoire de l’abbaye Saint-Martin. Vue de la chaire àprêcher. Ce réfectoire, bâti sous le règne de saint Louis, par Montreau, dont

11 a déjà été parlé, passe pour une des savantes constructions de cet architecte.On admire la hardiesse de ses voûtes et la délicatesse des colonnes qui en fontla décoration. Les règles de l’acoustique sont si bien observées, que si unepersonne placée dans un des angles intérieurs de l’édifice prononce un motà demi-voix , elle est entendue d’une autre personne placée à l’angle op-posé.

On regarde l’ancienne chaire à prêcher de ce réfectoire comme un chef-d’œuvre de l’art ; elle est en pierre et d’un travail extrêmement délicat :sa perfection nous a déterminé à lui donner une place dans notre recueil.

Monnaies de saint Lodis. Les historiens considèrent saint Louis comme lepremier roi de France depuis Hugues Capet qui ait rétabli les monnaies et lesait mises sur un bon pied, par les règlemens qu’il a faits lui-même sur cettematière. Les monnaies d’or de son règne sont la chaise, le royal, les reines etl’agnel; en argent, le gros tournois, et, en billon,*le denier tournois et le de-n er parisis.

Fig. i. Monnaie en or fin, nommée la chaise , à cause que le roi est figuréassis sur une espèce de pliant ou de chaise ; il est couronné, d’une main tientson sceptre, et de l’autre une fleur de lys. Fig, 2. Les reines d’or fin. SelonDucange , cette monnaie aurait été frappée en l’honneur de la reine Blanche,mère de saint Louis : la légende l’indique d’une manière positive. Au reversde ces deux pièces est une croix fleurdelysée. Fig. 3. Seconde pièce d’or dela reine Blanche. Cette reine, comme sur la précédente , est figurée avec lemanteau herminé , la couronne sur la tête, et tenant son sceptre. Elle diffèrede la précédente ; elle tient de la main gauche une couronne au lieu d’unefleur de lys. Nous pensons qu’elle a pu être frappée à l’époque du couronne-ment de son fils, auquel elle rend la couronne. Au revers est une croix etune couronne d’épine enfermées dans une rosace avec quatre fleurs de lys.Fig. 4. Boval d’or. Au centre, une couronne avec ces mots : Regalis aureusLe revers est une croix, une couronne d epine et quatre fleurs de lys. Fig. 5.Agnel ou mouton d’or. Cette monnaie valait dix sous parisis ou douze soustournois. Ce fut par piété que saint Louis fit frapper cette monnaie au sym-bole de Jésus-Christ, et qu’il fit mettre pour légende : Agnus dei gui tollitpeceata mundi , miserere nobis. Elle dura en France jusqu’au règne deCharles VIL Plusieurs princes, à l’imitation de nos rois, firent faire des agnelsou des agneaux d’or.

Fig. 6. Gros tournois d’argent, nommée tournois à cause que les pre-mières se frappèrent à Tours , et gros, parce que c’était la plus grosse piècequ’il y eût en argent. On n’est pas d’accord sur l'emblème qui est au revers.Les uns ont dit que c’était des menottes ou des buyes nommées castel; d’au-tres ont affirmé que c’était une tour, par allusion aux armes de Castille, quiétaient celles de la reine Blanche; d’autres enfin ont voulu que ces tours fis-sent allusion à la ville de Tours . Ce qu’il y a de certain, c’est que ce signeparaît sur toutes les monnaies qu’on nomme tournois. Le gros tournois va-lait douze deniers tournois, ou neuf sous huit deniers de notre monnaie.Fig. 7. Denier parisis. Saint Louis fit également faire des deniers tournois etdes deniers parisis.

PLANCHE XXXIII.

Les statues des rois et des reines , gravées sur 'cette planche d’après lesmarbres de l’église de Saint-Denis, sont 1". Philippe III , dit le Hardi, filsaîné de saint Louis , proclamé roi en Afrique , le 25 août 1270, sacré et cou-ronné au mois d’août l’année suivante , et qui mourut à Perpignan le 5 octo-bre 1285 ; 2 0 . Isabelle d Aragon , sa femme ; il 1 avait epousee en 1362, et qui,étant enceinte, mourut en Calabre, à son retour d Afrique , en 1271; 5". Phi-lippe IV , dit le Bel, fils aîné du précédent, d’abord roi de Navarre par ma-riage, est sacré roi de France le 6 janvier 1286 : il mourut le 29 novembre 1314 ;4°. autre statue du même Philippe-le-Bel , tenant d une main son scep tre, etde l’autre la main de justice ; 5°. Jeanne de Navarre , fille de Henri I or , roi deNavarre, épouse Philippe-le-Bel en 1284? et meurt le 2 avril 1004, à l’âge devingt-trois ans. On l’a représentée ici tenant le modèle d’un édifice, pour in-diquer qu’elle avait fondé le collège de Navarre; 6°. Louis X , dit lellutin , filsaîné du précédent, et sacré roi de France le 24 août i3i5. Il meurt subite-ment à Vincennes, sans enfans mâle, le 5 juin i3i6; 7 0 . Clémence de Hon-grie , seconde femme de Louis le Hutin, meurt à 1 hôtel du Temple, à Paris , le

12 octobre i 328; 8°. Jean I, unique fils de Louis X et de Clémence de Hon-grie , né posthume, le 15novembre i3i6, mourut le 19 du même mois, aprèsavoir été proclamé roi; 9° - Philippe V , surnomme le Long, à cause de sagrande taille, d’abord régent, puis reconnu roi à la mort de son neveu, sacréle 16 janvier i3i7, fut aussi roi de Navarre. Il meurt sans enfans mâles, le21 janvier i32i ; io°. Charles IV, dit le Bel, autre frère cadet de Louis X ,sacré le 21 février 1022, est aussi roi de Navarre, et meurt sans enfans mâles

(1) Pour plus de renseignemens, voyez Ilist. de l'art, du Bas-Empire, par Dagen-court, et le Cours d'architecture par G. F. Blondel, tom. 6, pag. 218.

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le i cr février 1327 ; n”. Jeanne d’Évreux , troisième femme de Charles-le-Bel ,était fille de Louis de France, comte d’Évreux, et de Marguerite d’Artois ;elle fut mariée par dispense du pape, et couronnée â Paris , le jour de la Pen-tecôte, lan 1326 : elle mourut en 1370; 12°. Philippe-de-Valois , cousin ger-main des trois derniers rois, est régent du royaume jusqu’au 1 er avril 1328 ;époque où la reine, étant demeurée veuve enceinte, accouche d’une fille ; il estreconnu le i cr avril i 528, et sacré le 28 mai suivant. Philippe meurt aprèsavoir régné près de vingt-trois ans , le 22 août i35o.

13°. Statue équestre. Les uns ont dit que cette statue, sculptée en bois, degrandeur naturelle, et qui était adossee contre le dernier pilier de la nef del’église Notre-Dame, à Paris, avait été érigée par Philippe-de-Valois , en mé-moire d’un vœu qu’il avait fait à la sainte Vierge, s’étant trouvé en très-grand danger à la bataille de Mont-Cassel, qu’il gagna sur les Flamands, le22 août i 328. D’autres prétendent que c’est la statue votive de Philippe-le-Bel , qui la fit mettre dans cette église en action de grâces pour la victoirequ’il avait remportée sur les Flamands à Mons en Puelle, le 18 août 15o4. Ceroi, dit-on , étant de retour a Paris , entra dans l’église à cheval et armé depied en cap , tel qu’il est représenté, pour y faire sa prière et accomplir sonvœu. Par-dessus son armure, il porte une casaque longue bleue et fleurde-lysée en or, qui l’enveloppe entièrement; son cheval est caparaçonné et cou-vert d’une housse de soie aux armes de France . ( Ce monument historiqueet curieux a été détruit en 1793. )

i4°- Jeanne de Bourgogne, première femme de Philippe-de-Valois . Elle mou-rut le 12 septembre 1348, à lage de cinquante-cinq ans, après avoir eu sixenfans. En général, comme les costumes des rois et des reines ont peu variésdepuis Louis-le-Jeune jusqu’au règne de Louis XII , nous ne ferons aucuneremarque sur ceux-ci, qui n’ont rien de particulier.

PLANCHE XXXIV.

Les statues figurées sur cette planche sont, 1°. Blanche de Navarre, se-conde femme de Philippe-de-Valois , morte en 13g8; 2°. Blanche de France ,comtesse de Beaumont, fille du roi Charles-le-Bel, mariée en 1344 avec Phi-lippe de France, duc d’Orléans , morte sans enfans en 1092 ; 3°. Jeanne deBourgogne, première femme de Philippe-de-Valois , morte en 1398. (Sur lagravure, lisez Bourgogne au lieu de Navarre. )

4". Le comte de Clermont. Louis, duc de Bourbon, comte de Clermont,fils de Robert (Voyez planche XXXI), fut surnommé le Boiteux et le Grand.11 avait épousé, en juin i3io, Marie de Hainaut, et mourut au mois de jan-vier 1341 - Cette figure curieuse a été dessinée d’après un armorial d’Auvergne .(Pour Marie de Hainaut, voy. pl. XXXVIII.)

Jean de Méhun présente un livre à Philippe-le-Bel . Cette peinture, à lagouache, représente Philippe-le-Bel sur son trône, entouré de plusieurs per-sonnages de sa cour, d’un massier et d’un valet. Sur le devant du tableau, onvoit Jean de Mehun à genoux, qui lui présente le livre de la Consolation^ dela Philosophie , de Boéce, traduit en français . Cette composition curieusese trouve à la tête du livre manuscrit , qui est daté de l’an 13oo.

Les costumes qui se voient sur cette peinture méritent d’être remarquésPhilippe IV ou le Bel, couronné et assis sur son trône, est vêtu d’une longuerobe, surmontée d’un large collet d’hermine qui lui couvre la poitrine et lesépaules. Le bas de la robe, ainsi que le bout des manches, sont égalementfourrés. Cette robe est bleue; le petit collet d’un vêtement de dessous , qui sevoit près du cou, est noir : les souliers sont noirs.

Les personnages qui accompagnent le roi offrent une nouvelle manière des’habiller. C’est à cette époque que les mochoitres , manches fort larges ,et les chaussures à la poulaine 3 souliers fort longs et pointus, commencèrentà être d’un usage général. Plusieurs autres figures portent le chaperon :celle qui est la plus près du roi, au côté droit, a son chapeau recouvert enpartie par la cornette j qui était d’usage : leurs robes sont plus ou moinslongues. Lorsque ces robes ne descendaient pas jusqu’aux pieds , elles nepassaient guère le haut de la cuisse; toujours on les fixait aux reins par uneceinture quelquefois unie, et d’autres fois bordée d’une fourrure

Jean de Mehun porte un chapel ou chapeau rose ; son petit collet est noir,sa robe vert clair. Le personnage qui porte la masse d’armes a une robe orangefourrée de poil blanc et un pantalon noir ; la masse est en or : tous les sou-liers de ces personnages sont noirs.

Jean de Mont fort et sa femme reçus à N antes. Cette peinture, tiréed’un ancien manuscrit de Froissart , et que nous avons gravé plus spéciale-ment pour les costumes qu’on y voit, représente le moment où, après ledécès de Jean II, duc de Bretagne , mort sans enfans en 1341 , Jean, comtede Montfort, accompagné de Marguerite de Flandres , sa femme , se fait re-connaître par les bourgeois et les habitans de Nantes . Ils lui rendent hom-mage au détriment de Charles, comte de Blois, à qui ce duché devait appartenirpar sa femme.

Jean, comte de Montfort, et Marguerite, sont tous deux debout et placéssous un dais ; les habitans de Nan tes sont au côté opposé. Jean a une coiffurenoire, de laquelle descend sur les épaules un morceau d’étoffe de même couleur.Marguerite de Flandres porte un bonnet pointu remarquable par sa hauteur.Cette coiffure, qui avait deux pieds et demi, et dont la couleur n’était pointfixée , se posait sur un grand voile blanc qui couvrait toute la tête et unepartie du visage ; par derrière, il descendait jusqu’aux reins, et remontait