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et vêtu d’une longue tunique de lin, dont le bout des manches, ainsi que lebas sont brodés. Ses épaules sont couvertes de la capotte ou du manteau ;il a un manipule au bras gauche, et tient à la main l’espèce de canne ou debâton qui caractérise l’état monastique.
Oliphant. Cet instrument est un grand cornet courbé dans la partie quis’embouche, et qui se rétrécit considérablement ; il est sans ornement ouchargé de bas-reliefs ; son nom d 'oliphant vient du mot éléphant, parcequ’il est plus ordinairement en ivoire. On nomme cornet ceux qui sont encorne; il conserve ce nom, quoiqu’on en fasse aussi en métal, en buis ou enterre cuite. À l’imitation des pâtres, qui se servent dun cornet pour ras-sembler leurs troupeaux, on en fit usage à la chasse , dans les tournois, àla guerre; et les croisés, pendant leur voyage en Palestine, pour annoncerl’heure des offices et se réunir en corps de troupes, se servaient d’un oli-phant ou d’un cornet. Cet instrument, garni à ses extrémités d’un anneaud’or, d’argent ou de cuivre, et attaché à une banderole, se portait en ban-doulière. ( Voyez sur cette planche Guillaume Malgeneste, veneur duroi. )
L’oliphant ressemble au rython , dont les Grecs et les Romains se servaientpour boire. Dans quelques manuscrits français des dix, onze, douze et trei-zième siècles, on voit dans les repas de cérémonie, ou les galas, les convivestenant à la main un cornet ou rython, qu’ils portent à la bouche pourboire. Sur la tapisserie de la reine Mathilde, planche XYI, dans un repas,un des convives se sert d’un cornet à boire ( 1 ).
L’oliphant que nous avons gravé date du treizième siècle; il est orné de bas-reliefs circulaires divisés en cinq bandes, représentant des chasseurs et des ani-maux , parmi lesquels on en remarque qui sont chimériques.
Statue en argent. Reliquaire en vermeil représentant la Sainte-Yiergetenant l’enfant Jésus de la main gauche, et de la droite une fleur de lysémaillée montée sur une tige en or. Cette pièce, curieuse pour la perfectiondu travail, a été donnée au trésor de Saint-Denis par Jeanne d Evreux . Surla fleur de lys, on lit ces mots : des cheveux de Notre-Dame : et sur le sou-bassement : Cette image donna céans madame la Royne Jehanne d’É-vreux royne de France et de Navarre , compagne du roy Charles , le28 jour d’avril, l an i 33 g.
Reliquaire en vermeil avec la statue de Philippe-le-Hardi . Ce reli-quaire, dont la forme est celle d’une église, contenait la mâchoire inferieurede saint Louis * il est porté par deux figures qui sont couronnées : l’une estPhilippe-le-Hardi, et l’autre Philippe-le-Bel . Yoici ce qui est gravé sous lespieds des deux statues ; d’un côté : Philippus IV , rex Franciœ filiusbeati hudovici Regis; et de l’autre : Philippus Y, rex Franciœ fdius Phi-lippi Y (2). La troisième figure, qui est à genoux, représente Gilles dePontoise, abbé de Saint-Denis en i 3 o 4 , et alors vivant. Cet abbé tient unpetit reliquaire où est enchâssé un os du même saint Louis. ( Cette châsseétait au trésor de Saint-Denis. )
Couronne delà reine Jeanne d’Evreux, femme du roi Charles IV .Cette couronne, qui est d’or, enrichie de rubis, de saphirs et de perles, fai-sait également partie du trésor de Saint-Denis. Elle servait au couronnementdes reines de France .
Ordre de l’étoile. Jean II , dit le Bon, institua, ou plutôt renouvelal’ordre de l’Étoile, en 1 35 1. Cela se fit dans une assemblée solennelle qu’iltint en son palais de Saint-Ouen, près Paris , le 6 janvier. Il ajouta unecouronne par-dessus l’étoile qui pendait à la chaîne d’or que les chevaliersportaient au cou, et il ordonna qu’ils la feraient broder sur leurs habits.
Monnaies de Charles-le-Bel. Les monnaies frappées au nom de Charles-le-Bel sont les agnels, ou moutons d’or; les royaux doubles et les petitsroyaux; le gros tournois d’argent: et en billon, le double parisis, le doubletournois, le denier parisis, le denier tournois et l’obole.
Fiq. 1. Royal double en or fin. On voit le roi debout, couronné, vêtu deses habits royaux, et tenant son sceptre de la main droite. Son trône, quiest très-élevé, a la forme d’une chapelle gothique. Le revers, auquel on aajouté quatre couronnes, a de la ressemblance avec ceux des royaux de Phi-lippe-le-Bel. On nommait aussi longvestu les petits royaux d’or fin, à causedu long manteau royal que porte le roi.
Fiq. 2. Billon . Double Parisis , marqué d’une croix, et au centre du reversdes mots : Karolus Fra . Fig. 3 . Gros tournois d argent avec une double
f O Je possède un de ces cornets à boire du seizième siècle; il est en verre et orné de do-rures Ceux dont on se servait comme d’un corps de chasse sont percés dans le bout le plusétroit au lieu que ceux dont on se servait pour boire ne le sont pas. Je possède égalementplusieurs oliphans, dont deux en ivoire et un en corne de Narval ; ce dernier, du treizièmesiècle comme les autres, porte l’inscription Mavricivs, qui est le nom du fabricant oude celui qui l’a fait faire. Tous sont ornés de bas-reliefs bien travailles.
(a) Philippe-le-Hardi, désigné ici par Philippe IV , et Pliilippe-le-Bel , sous le nom de
Philippe, seraient une preuve que l’on a compté au nombre des rois de France le f.lsaîné de Louis VI , dit le Gros, qui fut couronné du vivant de son père. Ceci serait confirmépar le monument même; car, sur le soubassement de cette châsse, sous la figure de Phi-lippe IV, on voit les armes de France unies à celles de sa première femme, Isabelle d’Ara-gon , qui sont d’or à quatre pals de geule; et celle de Marie de Brabant, sa seconde femme, desable au lion d’or. Sous l’autre figure, qui représente Philippe-le-Bel, les armes de France sont pareillement unies à celles de Jeanne de Navarre , son épouse.
ir Atlas. —Monumens.
légende, et au revers une bordure de fleurs de lys. Fig. 4 * Denier parisis.Fig • 5 . Billon . Double tournois, marqué d’une couronne et d’une croixfleurdelysée au revers. Fig. 6. Denier tournois. Fig. 7. Obole; le reversmanque. (Yoir Traité hist. des monum. de France , par Le Blanc, pages237 et 239. )
PLANCHE XXXYI.
Procès de Robert d’Artois . Cette peinture historique et curieuse, tiréedu porte-feuille de Gagnières (bibliothèque du Roi), représente la célèbreséance tenue au Louvre dans le mois de février, l’an i 332 , pour délibérer etprononcer sur l’affaire de Robert d’Artois .
Robert d’Artois, comte de Beaumont, fut accusé devant le roi de France d’avoir contrefait des lettres du grand sceau, qui lui attribuaient la pro-priété du comté d’Artois, qui, à la mort imprévue de Mahaud, revenait dedroit à Jeanne de Bourgogne , femme de Pliilippe-le-Long; et qui, suivant letraité de mariage, fut donné à Blanche, sa fille , jjui avait épousé Eudes ,duc de Bourgogne . Par un arrêt solennel, Robert fut débouté de sa demandeet banni du royaume, le comté fut adjugé à Blanche et a Eudes , son mari.Robert se sauva en Angleterre , auprès d’Édouard III . Personne n’ignorequelles furent pour la France les suites fâcheuses de ce procès , quoiquejuste en lui-même.
Le roi, la couronne sur la tête, assis sur un trône placé sous un dais, estreprésenté faisant lui-même l’ouverture de la séance. A son côté droit sontassis le roi de Bohême et le roi de Navarre, désignés par leurs écus armoriés,que l’on a figurés à côté de leurs têtes. Sur le banc suivant, sont assis lespairs laïcs, au nombre de huit ; ils sont également désignés par huit écus-sons. Yis-à-vis ces pairs, à la gauche du roi, sont les six pairs ecclésiastiques,que l’on reconnaît aussi à leurs armes. Sur le devant, entre les deux rangsdes pairs, on voit des personnages, au nombre de huit, qui sont assis surune espèce d’estrade.
Au bas du tableau, auprès du grand banc, du côté des pairs laïcs, sixpersonnes debout semblent être là comme témoins à charge contre Robertd’Artois . De l’autre côté sont les députés de Robert, pareillement au nombrede six, désignés par l’écusson de ce seigneur, placé, comme les autres, au-dessus de leurs têtes. Ce tableau curieux est propre à faire connaître la dis-position des tribunaux de ce temps-là.
Peinture à fresque. Ce tableau ; composé de trois figures, se voyait au-dessus de la porte de l'église" de la Chartreuse de Bourg-Fontaine, auprès deVillers-Coterêts. La première de ces figures est celle de saint Louis, évêquede Toulouse , fils de Charles-le-Boiteux, roi de Naples, mort en 1297, à l’âgede vingt-trois ans. 11 avait été religieux de l’ordre de Saint-François, dont ilporte l’habit sous sa chappe. D’une main, cet évêque tient une couronnepour désigner son droit de succession à celle de son père , et de l’autre ilconduit Charles de France, comte de Valois, fondateur delà Chartreuse.Celui-ci est représenté portant de la main gauche le modèle ou la représen-tation du monastère, que Philippe de Valois , son fils, soutient de ses deuxmains, pour exprimer, sans doute, qu’après la mort de son père, qui arrivaen 1025 , il fit achever l’édifice, qui n’était encore que commencé.
Tableau en broderie d’or et d’argent, où sont représentés Jean deFrance et Jeanne d’Armagnac. Jean de France, troisième fils du roi Jean etet de Bonne de Luxembourg , sa première femme , né en 1 34 o, épouseJeanne d’Armagnac, fille de Jean, comte d’Armagnac, et de Béatrix de Cler-mont, dite de Bourbon; il meurt à Paris , l’an 1416.
D’un côté du tableau , Jean est représenté à genoux avec ses fils, Charlesde Berry et Jean de Berry , comtes de Montpensier. De l’autre côté, Jeanneest également à genoux avec ses filles, Bonne de Berry et Marie de Berry:Jeanne mourut en mars 1387. Tous les personnages de cette famille sont vêtusdes habits royaux, et chacun est figuré à côté de son patron. Saint Jean-Baptiste, Charlemagne, et saint Louis, évêque de Toulouse , dont il a déjàété fait mention, font partie du premier tableau. Dans le second, on voitsaint Jean 1 évangéliste sous les traits du roi Jean; il est couronné, et tient àla main son livre des Évangiles. Vient ensuite saint Louis, roi de France ,dont celte famille est issue. Cette espèce Nex voto a été donné à la cathé-drale de Chartres par Jean de Berry et sa première femme , Jeanne d’Ar-magnac.
Monnaies d’argent de Philippe de Valois. Philippe-de-Valois fit fondrela presque totalité des monnaies de ses prédécesseurs, excepté celles dites leroyale et la chaise. Les monnaies d’argent de ce roi sont : le gros parisis, legros parisis à la queue, le gros tournois, le gros tournois à la fleur de lys, etle gros tournois à la couronne.
Fig. 1 et 2. Le parisis d’argent que nous avons gravé fut fait en mêmetemps que le parisis d’or; il valait douze deniers parisis : c’était le sol pa-risis. Fig. 3 et 4. Gros tournois et gros tournois à la queue. Tous deux sontle sol tournois, de la valeur de douze deniers tournois.
Le Blanc observe que le gros parisis d argent était une monnaie nouvelle ,qui ne passa pas le règne de Phiiippe-de-Valois , quoique sous les règnes sui-vans on ait continué de se servir de la monnaie parisis, comme cela se voitpar les doubles et par les deniers parisis que firent frapper ses successeurs,et qu’ils mirent en circulation.
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