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ANALYSE RAISONNÉE ET DESCRIPTIVE
pièces. Sa casaque, brodée, et qui ne descend qu’à la moitié des cuisses , estgarnie de manches larges qui pourraient couvrir la moitié de l’avant-bras.Quelques-uns ont pris sa coiffure pour un casque; mais il paraît que c’est unbonnet d’étoffe ou de feutre , comme on en portait de son temps. Ce conné-table mourut à Josselin, en i 4 ° 7 -
Hommages rendus au roi Charles VI après son couronnement. Cedessin a été pris d’une tapisserie que l’on conserve dans la Sainte-Chapelle deBruxelles.
Le roi Charles YI, la couronne sur la tête et vêtu de ses habits royaux,est assis sur son trône ; d’une main il tient son sceptre et la main de justice del’autre. Ce sceptre diffère des autres ; il est surmonté par un lion acculé dontles pattes sont posées sur un blason. Le trône, richement orné, est semblableà ceux que l’on voit sur les monnaies. ( Yoyez les planches précédentes. ) Leblason , qui se composait de fleurs de lys sans nombre, sous ce règne fut ré-duit à trois seulement.
Les pairs du royaume, au nombre de douze ecclésiastiques et laïcs ,viennent rendre hommage au roi(i). Les évêques sont à gauche, et lespairs laïcs à droite. Ceux-ci sont tous vêtus de longues robes et de man-teaux fourrés , avec un chaperon, excepté le comte de Toulouse , qui est fi-guré en habit civil. Au-dessous de chaque pair sont ses armes, dans lesquellesse trouvent quelques erreurs que nous ferons remarquer : Normandie , parexemple , devrait avoir deux léopards d’or l’un sur l’autre , et cependant ellen’en a qu’un; Guienne , au contraire, qui devrait n’en avoir qu’un, en adeux , et ils ont la forme d’un lion au lieu d’avoir celle d’un léopard. Mont-faucon , à ce sujet, observe qu’on trouve généralement dans les peintures etles monumens du moyen âge peu d’uniformité et de correction dans les ar-moiries.
PLANCHE XLL
Tombeau de Louis-de-Mâle , comte de Flandres . Sur ce tombeau demarbre, qui est dans la chapelle de Notre-Dame de l’église collégiale de Lille ,se voient les statues couchées de Louis-de-Mâle, comte de Flandres , de Mar-guerite de Brabant, sa femme , et de Marguerite de Flandres , sa fille : safemme est à droite et sa fille à gauche. Ces deux femmes ont souS les piedschacune un chien, symbole de la fidélité ; le comte a un lion, symbole de laforce et du courage. Au-dessus de sa tête est un heaume couronné par une têtede lion placée au centre de deux grandes ailes éployées; deux anges à genoux,sculptés au-dessus de la tête des deux dames, portent les écussons de cettefamille. Nous avons fait graver ce tombeau curieux non-seulement parce queles personnages qui en sont l’objet appartiennent à la famille du roi deFrance , Charles Y, mais encore parce que tous ceux qui sont représentés surles faces du soubassement, par leur réunion forment une espèce de tableaugénéalogique des ducs de Bourgogne , dont la présence a été si remarquable àla cour de Charles YI.
Face principale du tombeau. Charles V eut trois frères, Louis, ducd’Anjou , Jean , duc de Berri, et Philippe, duc de Bourgogne, surnommé leHardi. Celui-ci épousa Marguerite de Flandres, fille de Louis-de-Mâle , dontelle fut l’héritière. Aux angles des quatre faces du tombeau sont figurés lesévangélistes; sur la principale face, on voit six princesses, un prince, saintJean, qui lient un calice, et saint Luc.
La première princesse, du côté de saint Jean est, i°. Marguerite de Bour-gogne , fille de Jean-sans-Peur , duc de Bourgogne, mariée en premières nocesà Louis, dauphin de France, et en secondes, à Arthus de Bretagne , comte deRichemond; 2° Marie de Bourgogne , sœur de la précédente, mariée à Adol-phe IY du nom, duc de Clëves; 3 °. Jean, duc de Clèves , fils d’Adolphe IYet de Marguerite de Bourgogne ; 4 °- Isabelle de Bourgogne, fille du même ducJean , qui épousa, en 1406, Olivier de Châtillon de Blois , comte de Pen-thièvre, et qui mourut sans enfans; 5 °. Catherine de Bourgogne , fille dumême Jean-sans-Peur , qui, après avoir été promise à plusieurs princes,mourut sans alliance; 6°. Anne, sa sœur, mariée, après la mort de son père,au duc de Bethfort, régent de France ; 7 0 . Agnès de Bourgogne , aussi sœurdes précédentes, qui épousa Charles I er , duc de Bourbon. Elle mourut fortâgée , et vivait encore lorsqu on eleva ce monument.
Faces des extrémités du tombeau. Il y a cinq princes qui sont représentéssur la première face, savoir: i°. Jean de Bourgogne , duc de Lothier, deBrabant, de Limbourg, comte de Hainault, de Hollande et de Zélande : ilétait fils d’Antoine de Bourgogne , qui suit, et de Jeanne de Luxembourg ;2°. Antoine de Bourgogne, fils puîné de Philippe-le-Hardi , duc de Bourgo-gne, et de Marguerite de Flandres . Il fut duc de Brabant, deLuxembourg, etc. ;3 °. Celui qui tient le milieu est Jean-sans-Peur , duc de Bourgogne, comte deFlandres et d Artois , etc., fils de Philippe-le-Hardi et de Marguerite; L\°. Phi-lippe-le-Bon, fils de Jean-sans-Peur, qui précède, et de Marguerite de Ba-vière. Philippe-le-Bon fut un prince très-puissant ; il était souverain de la plu-part des dix-sept provinces lorsqu’il fit dresser ce monument. 11 avait créé1 ordre de la Toison-d Or en i 43 o, et il en porte ici la marque et l’habit;5 . Charles, comte de Charolais , fils de Philippe-le-Bon et d’Isabelle de Por-
(0 Ce fut en 1 îai, au sacre de Louis-le-Jeune, que son père, Louis-le-Gros , réduisitles pairs qui devaient assister à cette cérémonie, au nombre de douze, savoir : six ecclé-siastiques et six laïcs.
tugal. Il succéda à tous les états de son père, qui mourut en 1467 : commelui, il porte la Toison-d’Or et l’habit de l’ordre.
Sur la seconde face de l’extrémité du tombeau, on voit : i°. Marie de Bour-gogne , duchesse de Savoie , avec deux de ses fils et deux de ses filles, Marieétait fille de Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, et de Marguerite de Flandres ;elle fut mariée en i 4 oi à Amé , huitième du nom, duc de Savoie, et mouruten 1428 : sa figure occupe ici le milieu de la bande, fig. 3 . Celle qu’on voit à ladroite de sa mère , n°. 2 , est Marguerite de Savoie, qui eut trois maris ; le pre-mier fut Louis d’Anjou, troisième du nom, roi de Naples et de Sicile , etc.; lesecond, Louis de Bavière, comte Palatin du Rhin ; et le troisième, le comte deWirtemberg. L’autre fille, à la gauche de sa mère, n°. 4 , est Marie de Savoie ,qui fut mariée au duc de Milan . Aux deux extrémités de la bande sont ses deuxfils. Celui n°. 1 est Philippe de Savoie, comte de Çenève; l’autre, n°. 5, estLouis, frère aîné du précédent, et qui succéda à son père, Amé YIII, dansle duché de Savoie. Ce Louis fut père de Charlotte de Savoie , femme deLouis XI , roi de France.
Seconde grande face du tombeau. Cette face est du côté de la fille de Louis-de-Mâle ; elle contient les statues de sept princes et princesses descendant dePhilippe-le-Hardi et de Marguerite de Flandres , sa femme. 1. Jaqueline deBavière, fille de Guillaume de Bavière , comte de Hollande , et de Margueritede Bourgogne , qui suit. 2. Marguerite de Boui’gogne était fille de Philippe-le-Hardi , duc de Bourgogne ; elle fut mariée à Guillaume de Bavière, qua-trième du nom , comte de Hainault, de Hollande et de Zélande. 3. Catherinede Bourgogne, sœur de Marguerite , qui précède : elle fut mariée à Léopold III,duc d’Autriche , et mourut sans enfans. 4 - Jean, comte d’Etampes, fils dePhilippe-de-Bourgogne, qui se voit n°. 6. 5 . Charles, comte de Nevers , frèreaîné de Jean, comte d’Étampes : Charles mourut sans postérité. 6. Philippede Bourgogne , comte de Nevers, père des deux précédens, et fds de Philippe-le-FIardi, duc de Bourgogne. 7. Philippe, duc de Lothier, de Brabant deLimbourg, com te de Liney et de Saint-Pol, ainsi que le porte l’inscriptionqui fait partie du monument. Il était fils d’Antoine de Bourgogne , dont il aété fait mention ci-dessus.
Monnaies de Charles Y. Les monnaies d’or de Charles V sont ainsi dési-gnées : royal, franc, fleurs de lys, florin; celles d’argent se nomment grostournois et florin, puis deux autres espèces de gros tournois. Les monnaiesbillons sont : les gros blancs , le denier tournois et deux espèces de doublestournois. Plusieurs de ces pièces ont été faites dans le Dauphiné pendant quele roi n’était encore que dauphin.
Fig. 1. Pièce d’or fin nommée royal. Le roi, couronné, est représentéavec ses habits royaux, tenant d’une main son sceptre et de l’autre la main dejustice. Sa figure est posée sur un fond semé de fleurs de lys. Le revers estsemblable à celui des monnaies du règne précédent.
Fig. 2. Fleurs de lys d’or, ou florin d’oraux fleurs de lys d’or. On nommacette pièce ainsi à cause que le champ de la pièce et la cotte d’arme du roiqui est figuré debout et armé , sont semés de fleurs de lys. Elle fut frappée le5 mai 1 365 , et fut la seule d’or qu’on fit pendant ce règne. Elle valait vingtsous, ce qui, dans la suite, lui fit donner le nom de franc d’or .- on luidonna aussi le nom de franc à pied, à cause que le roi y est figuré à piedet aussi pour la distinguer du franc à cheval, que le roi Jean avait fait fairesur lèquel il était représenté à cheval, ayant l’épée à la main et armé de pieden cap. Charles Y, étant dauphin, en fit frapper une semblable, où il estégalement armé ,* et le caparaçon de son cheval est orné de plusieurs dauphinset de fleurs de lys, avec le nom de Karolus. Étant roi de France , il fit faireune répétition de cette monnaie : on supprima seulement les dauphins, et onmit une couronne sur son casque (1).
F%g. 3 Gros tournois d’argent. Le roi, couronné et assis sur le trône, tientson sceptre de la main droite. Au revers est une croix qui traverse la piècejusqu a la seconde légende : Karolus primogenitus Francorurn regis Dal-phinus Vienensis , compose les deux légendes (2).
Fig. 4. Gros blanc, ou gros d’argent , a neuf deniers de l’or, et du poidsde un denier 1 grain , fait l’an 1372. Cette pièce est marquée d’une lettre surlaquelle on n’a point de renseignement, d’une couronne et de dix fleurs de lysdans la bordure. Au revers , une croix et deux légendes qui portent : Bene-dictu sit nome. D. ni. nri. On appelait aussi espines cette sorte demonnaie.
(1) Lan i 34 g, Humbert, dauphin de Viennois, transporté à Charles, fils aîné de Jean ,duc de Normandie , et petit-fils du roi Philippe-de-Valois , la province de Dauphiné :lacté fut passé à Romans , le pénultième jour du mois de mars. Le dauphin Humbertmit Charles en possession de cette province le 16 juillet de la même année.
(2) Charles V étant parvenu à la couronne, fit mettre sur les monnaies qu’il fit faire enDauphiné le nom de roi de France et de Dauphin de Viennois, ainsi que cela se voitsur les monnaies de son règne. Par lettres du 22 avril i 365 , il fut ordonné que sur lesmonnaies du Dauphiné on mettrait le nom du roi comme sur celles de France ; et qu’en-suite on fabriquerait des francs d’or, des gros, des blancs, et d’autres espèces. Le mêmeCharles V fit frapper aussi des florins d’or fin , qu’on appelait florences d’or, à cause deleur ressemblance avec ceux de la ville de Florence. Charles VI, Charles VII et Louis XI ,avant d’être rois de France , firent également battre monnaie dans leurs pays de Dau-phiné. (Voyez Le Blanc, pag. 282 et 285.)