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DES MONUMENS DE LA FRANCE
Fig. 5. Monnaie de la même espèce, marquée d’une croix , de deux lé-gendes semblables aux précédentes, et au revers un dauphin avec les mots :Delphinus vien s.
Fig. 6, 7 et 8. — 6. Denier tournois. 7. Double tournois aux armes deFrance et du Dauphiné. 8. Autre denier tournois.
PLANCHE XLIL
Cartes symboliques. Ces petits tableaux, peints à la gouache sur une peaude baudruche fixée sur un carton , et d’un fini précieux, que l’on conserve àla Bibliothèque du Roi, ont été imaginés et faits par Jacquemin Gringoneur,en 1392, pour amuser le roi Charles VI dans les momens lucides de sa dé-mence (1). Ce ne sont pas précisément des cartes à jouer, mais des sujetspropres à tirer des horoscopes. Elles ont environ six pouces de haut, ettoutes les figures sont peintes sur un fond imitant une tapisserie rehausséed’or.
Dix-sept de ces tableaux , qui probablement ne sont qu’une partie destrente-deux pièces dont le jeu entier se composait, représentent des figuressymboliques qui, étant mêlées et tirées au hasard, devenaient , par l’inter-prétation d’un devin , autant de sentences favorables ou défavorables.
Fig. 1. Ce tableau, qui paraît être le frontispice de l’ouvrage, représenteCharles VI accompagné de son astrologue : ils paraissent disserter ensemblesur la position de la lune. Fig. 2. La jeune reine Isabeau de Bavière , femmede Charles VI , s’occupant à filer dans son appartement : elle est debout, etle soleil éclaire la scène. Fig. 3.' Le Jugement dernier. Fig. 4- Fa Fortune.Cette déesse est debout, montée sur une roue à travers laquelle on aperçoitl’univers, sur lequel elle règne. iFig. 5. Le fou de la cour, emblème de tousles genres de folies. A ses pieds sont quatre personnages qui ramassent lespièces éparses des difïerens jeux dont on s’amuse dans le monde : ces jeuxsont répandus de tous côtés sur la terre. Ce fou lient dans ses mains unechaîne de grelots d’or ; plusieurs grains, qui se sont détachés de la chaîne ,sont aussitôt saisis par ses favoris. Fig. 6. Le chevalier de cour. Figure deboutet sous les traits du dieu Alars : il tient d’une main son épée , et de l’autreson bouclier. Ce guerrier remarquable porte le costume d’un élégant de lacour de Charles VI . Fig. 7. Charlemagne assis sur son trône, tenant d’unemain un sceptre orné d’une fleur de lys, et de l’autre une boule, symboledu gouvernement; à ses pieds sont deux jeunes enfans à genoux, emblème dela soumission. Fig. 8. Le pape Boniface IX , élu en 1389, ayant deux cardi-naux à ses côtés ; il est assis sur son siège pontifical, et tient dans ses mainsles clés de saint Pierre. Fig. 9. Diverses scènes amoureuses. Dans la partie laplus élevée du tableau, on aperçoit deux amours qui lancent leurs traits surquelques personnages qui sont au-dessous d’eux. Fig. 10. Le succès des ba-tailles exprimé par le triomphe de César ou d’Alexandre (2). Fig. 11. La Jus-tice, tenant d’une main un glaive, et de l’autre une balance. Fig. 12. Unphilosophe en méditation.
Les cinq autres cartes de la suite, qui se voient à la bibliothèque , ne sontpas moins curieuses que celles-ci. (Voyez la collection au cabinet desestampes. )
PLANCHE XLIII.
Isabeau de Bavière . Cette peinture, du portefeuille de Gagnières, repré-sente Isabelle de Bavière, femme de Charles VI , en grande parure de cour ,suivie de deux dames ; l’une porte la queue de son manteau, et l’autre cellede sa robe. Cette robe est si longue par devant, quelle est obligée de la rele-ver elle-même. Le costume de cette reine, dont le luxe était extraordinaire etrecherché, peut donner une idee de celui quelle a du porterie jour qu’ellefit, à lepoque de son mariage, son entrée solennelle dans Paris , eni385.
Le vêtement d’Isabeau de Bavière est d’une étoffe de soie brochée, surchar-gée de dessins variés, rehaussés d or et garnis de perles et de pierres précieusessur toute la superficie. Ce fut elle qui introduisit en France ces coiffures ex-traordinairement élevées , chargées de broderies de toutes les espèces,et qu’on nommait, selon Brantôme et Juvénal des Ursins , bonnets hen-nins (3)
Le hennin que porte la reine lui cache tous les cheveux; il est brodé d’or ,garni de perles, de diamans, et surmonté de la couronne royale, posée surun voile blanc. Quelquefois on ajoutait au hennin de grandes bandes d’étofferichement ornées, qui descendaient jusqu’à la moitié du corps ; d’autres fois
c’était un long voile de gaze. Quand Isabeau de Bavière fit son entrée dansParis,élle avait pour coiffure une espèce de bonnet peu élevé , parfaitementrond , qu’on appelait mortier. Le vêtement des dames qui suivent cette reineest d’une richesse presque égale au sien, et la coiffure quelles portent, sansêtre aussi magnifique , est cependant dans le même goût.
Charles VII. Portrait en pied de Charles VII , né en 1402, et mort en14? dessiné d après une miniature que l’on Conserve à la Bibliothèqueroyale. Le roi, debout devant une table couverte d’un tapis bleu avec desfleurs de lys en or, est coiffé d un chapeau blanc retroussé par derrière etdoublé de velours ecarlate. Ce chapet , ou chapeau de bon goût, est orné defleurs de lys et de broderies en or; ses cheveux sont courts, ainsi qu’on lesportait sous son règne.
Le costume que porte le roi Charles , quoique fort simple , est agréable ; ilse compose d’une veste verte, d’une culotte rouge et de bottes noires quise terminent par des retroussis jaunes qui montent jusqu’au milieu descuisses.
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du portefeuille de Gagnières, et que l’on dit avoir été dessiné d’après unepeinture authentique qui se voyait autrefois à l’hôtel de Soissons, à Paris .
Le roi est représenté debout devant une table couverte , comme la précé-dente , d’un tapis à frange d’or, sur laquelle il appuie la main droite ; de lagauche il tient un livre. II est vêtu d’une casaque fort courte de velours rougefoncé, bordée d’une fourrure blanche ; son pantalon et ses souliers sontblancs; sa coiffure est une calotte violette, et par-dessus un bonnet de poilroux auquel est attaché une médaille de plomb représentant l’image de laSainte-Vierge. Par-dessus sa casaque , il porte l’ordre de Saint-Michel , qu’ilinstitua le i cr août 1469, et dont la devise était ces mots : Immensi tremorOceani. Cet ordre n’avait que trente chevaliers, dont le nombre ne fut pasmême rempli sous son règne.
Charles J^LII. Portrait en pied de Charles VIII , né en i 47°5 mort eni 497- Ce beau portrait, qui a été copié d’après un tableau fait du temps deCharles VIII , est également tiré du portefeuille de Gagnières ( 1).
Leroi, debout, couvert d’une toque noire , est vêtu d’une casaque de ve-lours violet à manches longues, et ouverte au milieu des bras. Par-dessus cevêtement est passé le collier de l’ordre de Saint-Michel . Cette casaque est dou-blée et garnie d’une fourrure blanche. Les manches étroites du vêtement dedessous, qui sont en drap d’or, couvert de dessins noirs, sont aussi garniesd’une fourrure blanche; le pantalon est blanc, ainsi que les souliers, quisont crevés sur les orteils : chacun variait les couleurs de son vêtement, selonsa volonté.
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bois et à l’œuf, tirée du cloître des carmes de Toulouse , et qui est connuesous le nom de Vceu de Charles VI à Notre-Dame de Bonne-Espérance.
En 1089, le roi Charles VI étant allé à Avignon pour assister au sacre deLouis d Anjou, roi de Naples, sur l’invitation du pape Clément VII , qui de-vait en faire la cérémonie; passant à Toulouse , entra tout équipé, suivi desseigneurs de sa cour, dans le cloître des carmes, pour accomplir un vœuqu’il avait fait à Notre-Dame de Bonne-Espérance, s’étant égaré de nuit à lasuite d’une chasse, dans la forêt de Bouconne, où il s’était trouvé entouréd’une troupe de sangliers.
Le roi est représenté à cheval, tel qu’il était habillé ce jour-là; il est de-vant l’autel et l’image de la sainte Vierge, la tête nue, la main sur le cœur,et faisant sa prière, tin chien, symbole de la sincérité de son vœu et de safidélité à le remplir, est figuré au bas de l’autel. Les seigneurs qui l’accom-pagnent sont : le duc de Touraine, son frère ; le duc de Bourbon; Pierre deNavarre, comte d’Évreux; Henri de Bar; Philippe d’Artois , comte d’Eu;Olivier de Clisson, connétable de France ; et Enguerrand, sire de Couci.Tous sont armés de pied en cap, chacun porte ses armes brodées sur sa ca-saque; Olivier de Clisson tient à sa main le bâton blanc, que le connétableétait tenu de porter dans les cérémonies royales.
Dans le fond du tableau que Charles VI fit peindre pour consacrer le sou-venir de son vœu, on voit la forêt de Bouconne, où il s’était perdu, ainsi
aue les sangliers dont il fut poursuivi; et dans la partie la plus élevee, huitanges, posés sur des nuages et dans des attitudes différentes, tiennent chacunune ceinture sur laquelle est écrit trois fois le mot espérance. Le roi, enaccomplissant son vœu, distribua aux princes et aux seigneurs qui étaientavec lui une ceinture d’or sur laquelle était gravé ce mot.
v . . . suîet, ce qu’on lit dans un compte de Charles Poupart, argentier,
(1) Voici, finances de Charles VI : Donné à Jacquemin Gringoneur,
ou . sunnten . • g a cartes à or, et à diverses couleurs, de plusieurs divises,^ouvportlTdevcrs 3 ledit seigneur roi, pour son Abattement (divertissement), cin-quante six sols paris ' coinin e nos cartes, se composait de quatre rois, de quatre
(2) le pense que c ) ’ ou chevalievs? e t de quatre vertus au lieu de quatre
dames ou remes, c e qua ^ au _ dessus de tout ^ Dans i es dix-sept cartes-conser-
“es lTMÎ.l’.S,””'» trouvent.représentées U Tcmp, W; tonte, le,
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états et cornes merveilleuses haute, et tarse., et avaient de eliaque ce e deux ore, e.„u ’ que, quand elle, voulaient passer par l'hu.. d'une chambre, il fallait quelle,se tournassent ou baissassent, ou elles n’auraient pu passeï
ir Atlas _Monumens.
Entrée de Charles VII à Paris. Charles VII , ou le Victorieux, était d’unepetite stature, les monumens le représentent toujours vêtu fort élégamment,les cheveux courts, et coiffé du chapel à bec, à petit bord retroussé, du cha-peron, du mortier ou de la couronne (2).
Dans la chronique, ou histoire d’Enguerrand de Monstrelet , qui mouruten i453 , on voit une peinture curieuse de l’entrée de Charles VII dans Paris en i 43"5 où ce roi est représenté à cheval, sous un dais qui est porté par leséchevins les plus notables de la ville. Il est coiffé du chaperon, et vêtu d’une
(1) Voyez à la Bibliothèque du Roi, cabinet des estampes , ce recueil chronologiqueet curieux des personnages les plus célèbres de la France .
(2) Le mortier de ce temps-là a beaucoup de ressemblance avec la toque que portentnos juges, nos avocats et nos avoués.
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