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7. Habitans et leur industrie.
Le concours des étrangers dans le gouvernement de Moscou , et surtout dans l’anciennecapitale , fait qu’on peut y compter une grande variété de nations. Il y a des Russes ,des Allemands, des Français, des Anglais, et autres Européens , des Tatares, des Armé-niens , des Persans , qui tous se nourrissent , s'habillent, parlent, vivent, exercent leurreligion , avec la tolérance la plus étendue , et à la manière de leurs pères. On peut fixerle nombre des habitans des deux sexes , y compris la noblesse et le clergé à un mil-lion. M. Arseniev évalue la population à 4 , 200,000 âmes. Prenant l'étendue du gouverne-ment à JI80 milles carrés , on trouve par mille carré 2,500 habitans , ce qui forme unterritoire bien peuplé.
Le nombre des paysans , appartenant à la couronne , montait lors de la sixième révi-sion, à 1 56,760 et ceux des particuliers à 305,258. Il est difficile de fixer exactement lenombre des gens libres qui, pour la plupart, sont des étrangers, ainsi que celui de Rasno-tchintsi, ( Pa3nonnHqbi ) ou gens de toutes les dénominations , qui vivent de différentesmanières et qui forment , pour ainsi dire , une classe particulière. Tout citoyen russe ,d’après la loi, est ou né dans un état , (dans une classe), ou il est obligé d’en choisirun, pour pouvoir être enregistré dans une des classes reconnues intégrantes de l’Empire.Le caractère et la manière de vivre des habitans des villes de district du gouvernement, estpartout le même. Quelques uns , surtout ceux qui , pour leur trafic , viennent souventdans les capitales se conforment au goût et aux habitudes modernes , mais ceux qui res-tent toujours dans leur ville natale , conservent les usages de leurs ancêtres.
L’économie domestique des villageois , et leur manière de vivre , sont assez uniformes.Les paysans sont laborieux dans leurs travaux domestiques, mais soignent peu la propretéde leurs habitations. Il sont sociables , hospitaliers jusqu’à la prodigalité ,- surtout les joursde fêtes patronales des villages , où ils vont passer plusieurs jours chez leurs voisins.Ils sont entreprenans pour tout ce qui peut leur être profitable. Dans les villages de lacouronne et des seigneurs , les arrangemens généraux se font d'après les décisions de lacommmune ( MJtpcKon cxoai» ) et ce que cette dernière ordonne, est exécuté sans lamoindre contradiction.
L’habitation des paysans consiste dans une maison construite en bois , le plus ordinaire-ment à deux étages. On pratique en haut des cheminées , en bas on établit un foyerd’argile avec un tuyau. La cour et les batimens sont couverts de chaume. Le bétail setrouve ordinairement dans les cours , non loin desquelles il y a des potagers , des cavesen bois et des champs assez considérables pour semer le chanvre , où l'on construit éga-lement des remises pour conserver le blé et le foin ; près des champs se trouve un bâ-timent avec un four où bon sèche le blé. Les villages sont placés selon les localités,mais particulièrement près des rivières ou des endroits propres à creuser des étangs etdes puits. Les rues sont droites , les maisons des seigneurs sont éloignées de cellesdes paysans. L’entretien des églises est à la charge des paroissiens. Les habitans sontchargés d’entretenir la propreté des rues.
M. Laveau décrit ainsi la chaumière russe. (Bull, du Nord. 1829. Avril. IV cah.p. 369. )
La demeure du paysan russe, dit-il, est très simple. Sa chaumière qu'on appelle isba( H36a ) est construite de poutres posées les unes sur les autres , et équarriés seulementsur leur face intérieure. Afin d'interdire tout accès à l’air extérieur, les interstices qui setrouvent entre ces poutres sont calfatés avec de la mousse ou du chanvre. Quelque sim-