pie et quelque grossière que soit cette manière de bâtir, c’est cependant celle qui est 1$ mieuxadaptée aux besoins du paysan russe , et c’est vainement que quelques propriétaires ontcherché à les remplacer par des maisonnettes en pierre, que l'expérience a toujours faittrouver moins salubres et moins chaudes que les cabanes en bois. La même simplicitéqu’on a remarquée à l'extérieur , se retrouve dans l’intérieur de l’isba dans lequel on pé-nétre par une porte qui n’est jamais assez élevée pour qu’on puisse y entrer sans se bais-ser. Le poêle qui se trouve dans l’un des coins de cette pièce forme lui seul un appar-tement séparé : c’est la chambre à coucher da la famille. Une porte massive conduit dansune cour autour de laquelle règne un appenti soutenu par d’épaisses solives , sous lequel,pendant les nuits pluvieuses, se trouvent les chevaux. L’étable se trouve au fond decette cour. Mais plusieurs paysans riches ont de jolies maisons construites en pierres.
Dans le gouvernement de Moscou l’industrie est portée à un degré qui n’est surpassépar aucun des autres gouvernemens de l’empire. Le commerce , les fabriques, les manu-factures , le jardinage , l’agriculture et l’élève des bestiaux vont en augmentant. L’éduca-tion des brebis gagne tous les jours une nouvelle vigueur, et déjà s’établissent sous laprotection du gouvernement, des ateliers de triage de laine, qui donneront à ce com-merce plus d’étendue et plus d’utilité.
Les fabriques et les manufactures sont très florissantes , ce qui donne de l’occupationet assure la nourriture à la classe nombreuse des ouvriers qui y sont attachés. On peutcompter dans le gouvernement de Moscou jusqu’à deux cents fabriques d’étoffes de soie,de demie soie et de rubans ; trois cents cinquante fabriques d’étoffes de coton et mi-coton , et soixante quinze fabriques de drap et autres étoffes de laine. Le revirementannuel de toutes ces fabriques , non compris le trafic des tisserands interlopes qui sonten grand nombre dans le gouvernement de Moscou , s’élève à -130 millions de roubles.Il serait curieux de peindre l’accroissement progressif et vraiment extraordinaire des fabriquesdu gouvernement de Moscou . Mais je laisserai ce sujet à des mains plus habiles. ( * )Il suffira de citer quelques exemples , qui donneront une preuve des progrès et de l’é-tendue de nos fabriques.
a. Fabriques de soie et demi-soie.
Des frères Nicolas.et Paul Ragogine ; établie en A 823 et occupant 210 métiers, dont 115 à laJacquard, 21 simples et 7«- pour le tissage des rubans. En 1827 cette fabrique a produit16,896 arch. d’étoffes façonnées, 800 arch. d’étoffes unies, 2,039 arch. de gaze et barrège ,6à,080 arch. de rubans et 27,070 mouchoirs de soie. Le nombre des ouvriers, qui y sontemployés se monte à 600.
De Basile Sokoloff ; établie en 1823 , contenant 121 métiers, dont 56 à la Jacquard, 15simples et 50 pour le tissage des rubans. En 1827 cette fabrique a employé 336 ouvriers ët aproduit «0,1 à0 arch- détoffes façonnées, 7500 arch. d’étoffes unies, 60,000 arch. de ru-bans et 7,685 mouchoirs de soie, avec un revirement annuel de 2«8,192 roubles.
De FiUptschenkoffDïïiitri^ établie en 1797 ; elle emploie 135 ouvriers sur 125 métiers,dont 103 simples et 22 à la Jacquard. En 1 827 on y a fabriqué 16,500 arch. d’étoffes façonnées,68,000 arch. d’étoffes unies, 60,000 arch. d’étoffes demi-soie, «50 mouchoirs de soie etlooo de demi-soie ; son revirement annuel est de 277,700 roubles.
( * ) Je suis assez heureux de pouvoir annoncer qu’un dé nos Collègues M. lé Conseiller d’État et Chevalier de Hamels occupe de ce travail, qui ne laissera certainement rien à désirer.
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