A N I
s’empare auílì-tôt des Cavernesabandonnées , & fe borne àravager les Prairies quelle vientde conquérir. Mais la prévo-yante cruauté des vainqueursfait subir à leurs prisonniersdes peines d’une espèce singu-lière. Ils ne fe contentent pasde les renfermer dans des follesprofondes &C de les condamneraux rigueurs d’une prison quine finit qu’avec leur vie. Lors-que les premiers frimats annon-cent le retour de l’Hyver , ilsmenent dans la Prairie ces es-claves , uniquement conservéspour le transport des provi-sions , les obligent de íe ren-verser èc de tenir les pattes éle-vées , de peur que le foin nes’échappe , les chargent ensui-te , tirent par la queue ces cha-riots animés, & labourent tou-te la route avec le dos ensan-glanté de ccs malheureux.
Quelles preuves pour le sen-timent que je défens , ne mefourniílènt pas cent autres es-pèces d’animaux ? peut-être leRenard nous a-t’il appris àdresser des pièges , à fouillerles entrailles de la terre, à per-cer les montagnes : peut-êtredevons-nous à limitation dequelqu’une de fes manœuvresla découverte des métaux ?avant nous le Castor fçavoitenfoncer des pieux au fondTome I.
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d’une rivière, bâtir fur pilotis,opposer des digues à la vio-lence des eaux. C’est lui qui lepremier a lié des pièces de boisavec du ciment. L’homme estdevenu navigateur , en voyantcet animal creuser le tronc d’unarbre , y laiíler une branchepour s’en servir comme d’ungouvernail, ôc confier à cetteespèce de barque fes petits en-core trop foibíes pour nager.Que dirai-je de l’ardeur dontles animaux font enflamméspour la propagation de leur es-pèce, ôí des marques de tendreílèqu’ils donnent à leurs petits.De la part des meres , quelsfoins pour les nourrir ! quelcourage pour les défendre ! ellescraignent tout pour eux & rienpourellcs-mêmcs : il n’est pointalors de danger qu’elles ne bra-vent , d’ennemi qu’elles n’atta-quent. L’amour maternel leurdonne des forces ; une valeurhéroïque anime leurs trans-ports. Tous ces traits Lc uneinfinité d’autres qu’il feroittrop long de rapporter , neprouvent-ils pas évidemmentque les animaux ne font pasdestitués detoute conn oiílance?
Corollaire premier . Si les ani-maux étoient de pures machi-nes , ils feroient pure matière.
Corollaire second. La ma-tière ne peut produire aucune
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