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Tome premier.
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z8 A N Iturc. Ce lieu lui paroît propreà lervir de piège : il le choisitpour le théâtre 6c Tinstrumentde sa vengeance. D’abord ilpâlie par cette ouverture unepartie du corps , 6c l’ayant re-connue suffisante , il eiîaye dela traveríer doucement : il re-commence eníuite en s’y plon-geant d’un vol rapide. Aprèss’en être assuré par des épreu-ves réitérées , il s’éleve dansles cieux , & va chercher sonvainqueur : il le découvre, 6cd’un air insultant va droit à sarencontre. L’aigle indigné fondsur lui. Le traître fuit 6c se sau-ve vers le pont; à peine en a-t’il traversé l’ouverture , quel’aigle avec une impétuosité queredoublent la fureur 6c l’espé-rance , se précipite dans cettegorge trop étroite pour lui ,s’y embarraíîe 6c malgré lesvains efforts de ses aîles , setrouve arrêté par le milieu ducorps. Le milan accourt aussi-tôt , lui arrache toutes ses plu-mes , 6c content d’avoir uíe dereprésailles , il se retire satis-fait 6c vengé.

A ce premier exemple jevais en ajouter un encore plusfrappant. Dans l’Ucraine l’onvoit rangées en bataille destroupes nombreuses de renardssauvages; les uns font fauves,les autres noirs. Ils ne vivent

A N I

que des productions de la terre.Ils se contentent de moisson-ner de vertes Campagnes, d’a-maíîèr dans leurs retraites sou-terraines des provisions de fou-rages ; 6c c’est la poílession deces Cavernes ou des Prairiesqui fait Tunique sujet de leursquerelles. Lorsqu’une aveuglepassion de vaincre s’empare deces féroces animaux , la terredu sombre creux de ses Caver-nes vomit un Peuple de com-battans furieux. Ils se répan-dent d’abord dans la plainedivisés par pélotons 6c fansordre, mais bientôt on les voitformer fous un Chef différonsbataillons. Les deux arméestracent leurs Camps dans laPrairie , dont la conquête estTobjet de leur ambition , 6cchacune se range sous une ligneopposée. Un cri guerrier donnele signal. Animés par ces sonseffrayans , ils se livrent à leurimpétueuse fureur. Tout se cho-que , tout se mêle en un ins-tant : les coups se confondent ;la couleur montre à chacunl’enncmi surlequel doivent tom-ber les siens, 6c la terre rou-git inondée de sang. Enfin lavictoire se déclare : les vain-cus prennent la fuite 6c vontchercher loin de-là des pâtu-rages plus sûrs. L’armée victo-rieuse , sans les poursuivre ,

s’empare