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Tome premier.
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quelque grand malheur dont lemonde étoit menacé. Attentifsà en observer la couleur , ilseffrayoient le peuple par les pré-dictions les plus ridicules. LaComète tiroit-elle fur le blanc ?l’année devoir être fécondeen létargies , pleurésies ôcpéri-pneumonies. Avoit-elle unecouleur rougeâtre ? Les fièvreschaudes dévoient être fréquen-tes. Sa couleur approchoit-t-ellc de celle de l’or ? C’étoit-là un pronostic infaillible de lamort de quelque Potentat.Etoit-elle bleuâtre? Elle annon-çoit la sécheresse la plus cruel-le , la famine la plus terrible &tla peste la plus affreuse. Quefçais-je ? L’astallìnat de Jules-Céfar , les guerres de Maho-met , le schisme d’Hcnri VIII.Roi d’Anglcterre , tous cestristes événemens 8 c une infi-nité d’autres avoient été an-noncés par autant de Comètes.

Un pareil système ne méritepas fans doute une réfutationdans les formes. Tout le mon-de fçaitque les Comètes paroif-fent les 4, 5 , èc 6 mois defuite ; qu’elles font beaucoupplus éloignées de la Terre, quen’en est la Lune ; Lc qu’elles ontun mouvement périodique au-tour du Soleil, auíîì bien régléque celui des Planètes ordinai-res ; l’on ne peut pas donc , fui-

C O M 381vant les régies de la faine Phy-sique, confondre les Comètesavec un Amas de vapeurs 8 cd’exhalaifons, comme l’a pensél’Ecole Péripatéticienne.

Newton combat ce sistêmed’une maniéré auísi solide queneuve ; il fe sert de la fameuseComète de 1 6 80 dont la queueeut en certains tems 90 dégrésde longueur , qui dans sonPérihélie ne fut pas éloignéedu Soleil de deux cent millelieues. Si cette Comète, dit-il,n’eût été qu’un Amas de va-peurs 8 c d’exha!aifons;cet Amasn’auroit-il pas été dissipé par leSoleil ? Ne fçait-on pas que lachaleur de cet Astre est toujoursen raison directe de la densité defes rayons , & par conséquenten raison inverse des quarrésdes distances ? La chaleur quecette Comète éprouva dans sonpérihélie , fut donc vingt-huitmille fois plus grande que cel-le que nous éprouvons au cœurde í’été. Mais la chaleur del’été n’est que trois fois moin-dre que celle de l’eau bouillan-te; 8 c celle-ci trois ou quatrefois moindre , que celle d’unfer rougi au feu ; donc la Co-mète de 1680 fut à ion péri-hélie deux mille fois pluséchauffée parle Soleil, que neTest par le feu un fer rouge ;donc cette Comète ne peut pas