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Tome premier.
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DAN

«n vrai Cahos ; touc y est: endésordre 6í en confusion ; onne peut pas même s’y remuer.U n’y a ni lumière,ni couleurs,ni froid, ni chaud , ni séche-reíle , ni humidité. Les Plan-tes , les Animaux n’y viventpoint ; on y a non-feulementdroit , mais même on y a or-dre de douter de tout. On vousy disputera hardiment la qua-lité d’fíomme ; 6c quoique voussolfiez toutes les fonctions na-turelles d’un Homme , on esten pouvoir de vous y disputercette qualité , jufqu’à ce quevous ayant entretenu 6c enten-du parier conséquemment, ony soit convaincu que vous avezde la raison Dans ce Mondeles gens paroistènt fiers , mé-prisons , n’ayant nul respectpour l’antiquité, maltraitantsur tout 6c en toute occasionAristote qu’ils regardent com-me un vrai parleur 6c com-me un grand diseur de rien.On n’y est pas même tropbon chrétien ni trop bon ca-tholique. On y débite desprincipes très délicats 6c trèsdangereux dans les matièresqui ont du rapport à nosplus saints mystères. On nevoit pas trop clair dans cequ’ils croyent de la création denotre Monde , de la produc-tion de la matière, dc lapro-

D A N 489vidence de Dieu , qui n’a pointdû avoir d’autre foin , que defaire pirouetter les petits cubesde la matière autour de leurcentre. Après quoi il n’a euqu a se tenir caa repos ; ton t lereste s’étamt pû faire sons lui.

L’autre au contraire nous as-sure qu’il n’est rien de mieuxordonné que le Monde de Des-cartes ; que tout y est ad-mirablement concerté ; quetout s’y fait selon les régies 6cles loix de la nature ; qu’il fetrouve à la vérité délivré d’uneinfinité d’accidens , de quali-tés , d’efpéccsintentionnelles,comme d’un meuble inutiledont les Philosophes ont em-barrassé ôe embrouillé le nôtre;mais qu’il est faux néanmoinsque les sens n’y reçoivent pasles mêmes impreíîîons que danscelui-ci, avec cette différenceque les causes en sont plus con-nues 6c mieux expliquées. Surle chapitre de la Religion, rien.ne paroît plus aisé à faire quel’apologic de ces meilleurs ,qu’on attaque peut-être un peutémérairement dans un pointde cette conséquence. Peut-onavoir une plus grande idée deDieu , que celle qu’cn avoitM r . Descartes ? Peut-on porterla puissance du Créateur plusloin qu’il i’a portée ? Dieu , se-lon lui, peut faire que 1 6c 3