51 3 DES, firent autant dans leurs aílcm-blées générales. La Congréga-tion de l’Oratoirc en particu- .lier défendit d’cnfeigncr les opi-nions qui pourroient être luf-.peclesdcs lentimens de Janfé-nius Sc de Baius pour la Théo-logie , Le de ceux de Descartespour la Philosophie.CependantDeícartes résolut , peut - êtrepour raccommoder les affaires,de faire un voyage en France.II exécuta son deiîein en 1647.Malgré les calomnies des Péri-patéticiens qui, par ignoranceLe par haine pour une Philoso-phie qu’ils n’cnrcndoient pas ,vouloient le faire passer pourhérétique , il fut très-bien re-çu du Roi Louis XIV., qui luidonna une pension annuelle detrois mille livres.Quelques temsaprès il fe rendit en Suéde au-près de la Reine Christine qu’ileut l’honneur d’entretenir tousles jours à 5 heures du matindans fa Bibliothèque. Ces con-férences ne durerent pas long-tems ; Descartes mourut à Sto-kolm à sage de 5 4 ans, le 11Février 1650 , entre les mainsde l’Aumônier de l'Ambassa-deur de France, dans les fenti-mensles plus chrétiensScles plusédisians. La veille de fa mala-die qui ne dura que 2 à 3 jours,il s’étoit approché des Sacre-mens , circonstance que nous
DES
remarquons pour fermer labouche à ceux qui ont voulufaire passer Descartes pour unSçavant fans religion.Son corpsfut apporté à Paris, Sc enterrédans l’Egliíe de sainte Gene-viévc-du-Mont. Nous ne íçau-rions mieux finir cet article ,qu’en rapportant ce que dit deDeícartes M r . de Fontenelledans l'éloge même de New-ton.
Ces deux grands Hommesqui fe trouvent dans une sigrande opposition , ont eu degrands rapports. Tous deux ontété des Génies du premier or-dre , nés pour dominer fur lesautres esprits Se pour fonderdes Empires. Tous deux , Géo-mètres excellons , ont vu la né-cessité de transporter la Géo-métrie dans la Physique. Tousdeux ont fondé leur Physiquefur une Géométrie, qu’ils netenoient presque que de leurspropres lumières. Mais Des-cartes prenant un vol hardi ,a voulu fe placer à la sourcede tout , fe rendre maître despremiers principes par quelquesidées claires Sc fondamentales,pour n’avoir plus qu’à descen-dre aux Phénomènes de la na-ture , comme à des conséquen-ces nécessaires; Nevton plustimide ou plus modeste, a com-mencé fa marche par s’appu-
yer