53 o D I Enuyer de son état. Ces feuillestendres dont il le nourriíïoit,le dégoûtent. On le voit tirerde ion estomac une liqueur quise sèche à mesure quelle s’é-tcnd , la filer , l’attacher à unebranche Le s’en faire un tom-beau. Quelques-tems après ilperce fa coque, il prend l’es-íor , & voltige dans les airs enforme de papillon. Avant quede finir ses jours il songe à per-pétuer son espèce , èc il laissedes œufs qui le font devenir latige d’une nombreuse postérité.
Les Loix de la nature ne fontpas moins constantes à l’égarddes autres espèces d’Animaux.Les Ours , les Lions , les Ti-gres font toujours carnacicrs.L’Epervier est toujours l’irré-conciliable ennemi de la Co-lombe. Le Loup dreílè toujoursdes embûches aux timides Bre-bis. Le Taureau ne cherchequ’un fertile pâturage. Quellepeut être la cause d’unc si cons-tante uniformité? Je sçais quel’état des choses corporelles ,tel que nous le voyons,ne fortpas de l’ordre des combinaisonspossibles ; mais en conclure quec’est l’ouvrage du hazard , ce fe-roit avancer la plus grande desabsurdités. Que peníeriez-vousd’un homme qui vous foutien-droit de sang froid que les seu-les loix du mouvement ont à
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rinsçu d’Homére , produit lafameuse Iliade ; ou que l’Éneïdeest un assemblage fortuit devers , formés chacun par unarrangement fortuit des carac-tères de 1 Alphabet ? Cepen-dant quoique ces célébrés Ou-vrages annonçent une plumesçavante , un Génie sublime ,il n’est pas Métaphisiquementimpossible qu’ils ayent été lerésultat de l’une de ces liaisonsfans nombre , dont les lettresfont susceptibles. Appliquonsce raisonnement aux corps desAnimaux. La situation de leursmembres divers n’a rien quede naturel ; la place occupéepar chacun d’eux est une decelles que le hazard auroit ab-solument pû leur donner. Tou-tes fois la raison ne nous per-met pas de croire qu’ils soientainsi disposés , fans avoir étédestinés par une intenti on spé-ciale à l’espéce de fonctionqu’ils remplissent si parfaite-ment. Dans l’origine des Ani-maux , nous voyons donc destraits éclatans d’unc Intelligen-ce dont la puissance égale lasagelle.
Mais où elle paroît fur-toutcette Intelligence , c’est dans lacréation de l l Homme,quc nousdevons regarder comme le chefd’œuvre sorti des mains del’Étre Suprême. Ne nous arrê-