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Tome premier.
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tons pas à admirer combienmagnifique est la structure del'on corps ; entrons dans ledétail de tout ce qu’il est ca-pable d’exécuter. Habile Aí-tronome , il mesure la vasteétendue des cieux ; il pèse lesastres qui roulent fur la tête ;il détermine les orbites qu’ilsdécrivent ; il prédit combiende fois dans l’efpace de milleans la Lune Lc le Soleil doi-vent être obscurcis ; Lc il con-signe ses prédictions dans desfastes dont la vérité est tou-jours confirmée par l’événe-ment.

Physicien attentif, il décom-pose les mixtes ; tire le sel, lesoufre , le labié , les liqueursqu’ils renfermenten déíunitou rejoint à son gré les Prin-cipes ; &t fabriquant des corpsartificiels , imite , louvent mê-me réforme l’ouvrage de la na-ture. Nouveau Prométhée, ildérobe impunément le feu cé-leste ; il ralfemble au foyerd’un verre les rayons du So-leil réunis par la réfraction ;ÔC forçant pour ainsi dire l’Af-trc du jour à descendre sur laTerre , avec ces flammes adroi-tement surprises il embraie leschênes , il liquéfie les métaux.Pour seconder les efforts deses yeux, il fabrique selon lesloix d’une sçavante théorie des

D I E 531instrumens dont futile con-cours , en donnant plus d’é-tendue à l’image d’un objet ,l’éclaircit ôc le rapproche. Al’aide du microscope, il péné-tre même dans l’intérieur descorps ; en démêle les partiesimperceptibles ; &c contempleavec surprise les merveilles deleur composition.

Que dirai-je de la parole &cde l’écriture, de ce double lienqui unit toutes les nations ëctous les siécles ? Pour faire con-noître mes pensées , je puis lesconfier au son : pour les ren-dre immortelles , je puis lesmarquer par des figures , lesprésenter fous des traits dis-tincts, ëc tracer une image demon Ame. Par là je m’entre-ticns avec les peuples de l’au-tre Continent, avec les géné-rations les plus reculées. Hom-me de tous les tems , citoyende tous les lieux , je me faiségalement entendre par-tout.

De la Sphère des objets sen-sibles , l’efprit s’éleve à de su-blimes contemplations. II mé-dite fur le principe de l’exis-tence des êtres , fur leur fin,fur les loix qu’ils suivent , ëcdécouvre le rapport des effets,avec leurs causes.Plein d’une no-ble confiance, il interroge lanature, en fonde les mystèresëc pénétre cet abîme inacces*