Band 
Tome premier.
Seite
592
JPEG-Download
 

59 i D U Nmêlant dans le poumon avecle sang de l’Animal, ne pourra-t’il pas de même entretenir sonfeu ? Mais pour mieux com-prendre cette possibilité, nousn’avons qu’à considérer quel’Animal ne meurt point, tantque le cœur lui bat ; que ceviscère sc meut , tant que lesesprits coulent du cerveaudans ses fibres par les nerfs ; quecette matière íubtile ne celled’y descendre,tant que le sangen distille dans le cerveau ; êtque le sang y verse continuel-lement l’eíprit de nitre qu’il areçu de l’Air. II s’ensuit dc-làque tant qu’il reste dans le corpsde l’Animal une goutte de bonsang , il peut y avoir des es-prits dans le cerveau prêts àcouler dans le cœur; & Com-me une source , qui avoit ac-coutumé de se décharger parun grand nombre de canaux,ne tarit pas de long-tems , sion ne lui laiíle qu’un tuyau parlequel elle verse les eaux ; demême le cerveau , la sourcedes esprits vitaux , qui avoitaccoutumé de se décharger parun grand nombre de nerfs ,comme par autant de tuyauxqui versoient sa liqueur invisi-ble sur toutes les parties infé-rieures , ne s’épuise pas delong temps , quand il n’envoyeses esprits que dans les nerfs

D U N

du cœur. Or dans ces Animauxqui jeûnent prodigieusement ,tous les autres nerfs font com-me autant de canaux bouchés,par leíquels il ne coule aucuneliqueur. Voilà pourquoi tousleurs autres membres demeu-rent comme immobiles , étantprivés de l’influence des esprits.Toutes ces particularités quenous avons tirées du ChapitreI er . du livre de M r . Duncan ,doivent nous faire ajouter foià l’histoire que nous avons rap-portée à la fin de l’articlc de ladigestion. Les particularitéssuivantes font tirées du chapi-tre premier de la seconde par-tie.

Avant que de distiller unematière íolide , dit M. Dun-can , les Chymistes ont coutu-me de la concaster, afin d’en-foncer, pour ainsi dire , lespor-'tes des prisons qui tiennentenfermés les Principes actifs.Quand nous mâchons les ali-mens dans notre bouche , nousfaisons ce que ces Artistes fontdans leur mortier. Les dentsfont comme autant de pilonsqui les écrasent , ou commeautant de petites meules quiles broyent pour rompre la liai-son que leurs parties ont entreelles, & pour les rendre pro-pres , en les atténuant, à pasterpar les étroits conduits de no-